Interview de M Romain Deleu pour PCA France Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par Philippe Vautier   
25-02-2008

 
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Technique

Les modèles se multiplient sur le marché, avec des puissances de plus en plus élevées, au-delà d’une certaine valeur, les avis convergent vers une inutilité certaine. Qu'en pensez-vous ?

Sur un marché comme celui du hardware informatique, on ne peut pas simplement proposer des alimentations pour PC. Le PC aujourd’hui se décline sous tellement de formes, de configurations et d’utilisations différentes que l’on se doit de proposer une réponse à chaque besoin.
Effectivement, un bloc de 800W sera clairement inutile sur un ordinateur dédié à un usage multimédia et bureautique. Mais un segment très présent, celui des gamers, est à la recherche de la puissance et la surenchère du MégaHertz et du Framerate est ce qui fait en partie avancer le marché. Ces utilisateurs veulent de la puissance, et même si un bloc de 1000 Watts peut paraître démesuré, y compris pour les configurations les plus gourmandes, il existe une demande.
Maintenant, d’un point de vue technique, et pour expliquer la mise sur le marché des blocs les plus puissants, on peut comparer le choix d’une alimentation au choix d’un ampli audio (pour une guitare électrique ou home cinéma). Si vous avez besoin de 50W de puissance, un ampli de 50W saura vous les donner mais il tournera à fond. Il atteindra ses limites, le son restitué sera moins bon et risque de saturer. De plus, il durera moins longtemps car fonctionnera à fond en permanence. Un ampli de 100W, quant à lui ne tournera qu’à 50% de sa puissance pour vous donner ce dont vous avez besoin, le son sera bon, et l’ampli ne «forcera» pas. Le fait d’avoir une bonne marge supplémentaire permet une meilleure stabilité, un meilleur rendu et assure à votre matériel une durée de vie accrue. Un bloc d’alimentation de 1000W, même s’il ne tournera probablement jamais à fond, n’est donc pas inutile.

Au sujet du nombre de rails, la tendance fut de passer du mono rail au multirail, nous assistons à la remise sur le marché de modèles monorails, qu’apporte précisément le monorail, est-ce mieux ou plus facile à produire ?

On a présenté le multirails comme une évolution technique qui fera disparaître le monorail, je pense que ce sera vrai, mais pas dans l’immédiat.
Une alimentation multirails partage le courant sur les différents rails, ce qui permet à différents composants d’être alimentés en profitant d’un rail dédié. La surconsommation d’un composant n’a donc pas d’influence sur les autres. En résulte une meilleure stabilité et une meilleure capacité à alimenter une carte graphique gourmande par exemple.
Par contre, on peut perdre jusqu’à 30% de puissance avec un bloc multirails. Lorsqu’un rail 12V délivre 20A et que la puissance réellement utilisée par le composant qui est au bout n’est que de 7A, on se retrouve avec 13A qui ne servent à rien et sont perdus car ils ne peuvent pas être récupérés par un autre rail.
Le monorail quant à lui, doit à lui seul alimenter la totalité des composants et, et c’est son principal problème, il trouvera donc plus vite ses limites en atteignant l’ampérage maximum. Si votre alimentation couvre juste les besoins de votre PC, lancez une application qui sollicitera beaucoup les disques durs et il se pourrait que ce soit la carte graphique qui manque de puissance. Par contre, lorsqu’un composant consomme peu, les autres plus gourmands peuvent profiter de la part d’énergie non utilisée qui serait perdue sur une architecture multirails.
On voit donc que les 2 technologies ont leurs avantages et leurs limites, c’est pour cela que l’on voit réapparaître des modèles monorails alors qu’on les croyait appartenir à une ère révolue. Mais je pense que les avancées technologiques amélioreront plutôt le multirail qui finira par rendre le mono rail obsolète pour de bon.

Par contre, le monorail ne rend-il pas compliqué la gestion de la protection contre la surintensité ?

Effectivement, on pourrait penser que, vu que tous les composants sont alimentés par le même rail, il est difficile de surveiller que chaque composant, et surtout les plus sensibles comme le processeur, soit alimenté de façon stable et surtout sans surtension. Mais aujourd’hui, les alimentations Max In Power par exemple, coupent automatiquement l’alimentation lorsqu’une anomalie susceptible de causer des surtensions est détectée. Dans un futur proche, les blocs seront même équipés de puces corrigeant la tension plusieurs centaines de fois par seconde pour la rendre la plus stable possible.
De plus, les cartes mères, toujours plus évoluées, permettent de sauvegarder vos composants en détectant toute surchauffe ou anomalie. L’image du PC complet qui grille d’un seul coup sans qu’on se soit rendu compte de rien tient de plus en plus de la légende au fur et à mesure que la technologie se développe.

Le refroidissement des alimentations a bien évolué ces dernières années, plus d’efficacité, plus de silence, a-t-il atteint son développement maximal ?
Sûrement Non, on n’atteint jamais le développement maximal dans une matière, on change simplement de méthode, de technologie ou de matériau pour atteindre des performances toujours meilleures.
On arrive aujourd’hui à refroidir des alimentations très puissantes pour un niveau sonore largement étouffé par le bruit d’un ventirad de CPU ou de GPU et aujourd’hui on joue surtout à gagner quelques décibels comme argument de vente. Je ne pense pas qu’on change de technique dans un futur proche, mais qui sait, le monde du hardware évolue si vite...Les prochaines alimentations Max In Power Premium 2 vous proposeront un refroidissement par radiateur relié à des caloducs afin de conduire la chaleur dégagée directement dans le flux d’air et augmenter encore les performances thermiques et donc phoniques.

Le concept du watercooling comme mode de dissipation est-il envisageable ?
Non, ou alors éventuellement avec aucune partie externe que l’utilisateur doivent entretenir ou modifier. Un peu de liquide dans une alimentation et il y à un gros risque d’électrocution et/ou d’incendie. C’est un peu comme le refroidissement à l’azote liquide : Super performances mais trop dangereux pour une utilisation par le grand public.

Les alimentations de type fanless sont rares sur le marché, leur puissance et leur prix de vente constituent un frein évident, présagez-vous un changement notable dans ce type d’alimentation ? Peut-il constituer l’avenir ?

Non, juste un segment marginal du marché. Les technologies en matière de refroidissement fanless progressent trop peu en comparaison de la montée en puissance des alimentations. C’est un segment à surveiller du coin de l’œil mais les développer apporteraient plus de problèmes que de solutions (encombrement, chaleur dégagée, expulsion de cette chaleur,...)

L’alimentation occupe une place de choix au sein des PC, à tel point que des outils de monitoring commencent à les accompagner, qu’en pensez-vous ?
Je pense que les produits comme les rhéobus, régulateurs, et autres produits de monitoring, ont un réel intérêt. Ils satisfont les besoins en performances (overclocking) pour les gamers, en silence (régulation) pour les utilisateurs de PC multimédia et en esthétique pour l’amateur de tuning (Geek). Cependant, je crois que le monitoring des alimentations restera marginal.
Aujourd’hui, on peut tout réguler, mais est ce vraiment toujours nécessaire ? Les alimentations d’aujourd’hui ajustent leur refroidissement en fonction de leurs besoins sur l’instant. D’un point de vue technique, il y a donc peu d’utilité aux outils de monitoring mais il y a toujours des utilisateurs qui préfèreront pouvoir gérer eux-mêmes, manuellement, le refroidissement de leur matériel.




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