Ce mercredi, la commission des affaires étrangères, de la
défense et des forces armées du Sénat a adopté un rapport sur la cyberdéfense. Rédigé par le sénateur Jean-Marie Bockel, ancien secrétaire d’Etat à la
défense, il met en avant le besoin d’une stratégie offensive encadrée et émet
des objections sur la Chine. Ce rapport contient cinquante recommandations pour
dix thèmes.
Concernant la Chine, ce sont les routeurs qui sont visés. Ces
infrastructures stratégiques permettent la transition des données. A l’heure
actuelle, ils sont produits par Huawei et ZTE, deux géants chinois. Ils
devraient être remplacés par des européens tels qu’Alcatel, Nokia-Siemens,
Ericsson. Ces routeurs sont particulièrement visés par le rapport car des
mouchards peuvent facilement y être intégrés. Jean-Marie Bockel affirme ne pas
être anti-chinois mais « Il arrive
un moment où il faut savoir se protéger, poursuit-il, sans entrer dans des fantasmes
de théorie du complot ». La France ne serait alors pas la première à
prendre cette décision, et rejoindrait les Etats-Unis et l’Australie au profit
d’Alcatel.
Le problème du financement de la cyberdéfense est également
présent. La France y consacre 75 millions d’euros par an, attribués à l’Agence
nationale de la sécurité des systèmes d’information. Contre 50 milliards de
dollars pour Washington sur la période 2010 – 2015.
Le rapport explique que la cybermenace correspond à des
cyberattaques, des intrusions dans les systèmes informatiques des entreprises
ou ministères. Elles sont comme des « bombes informatiques » ayant
pour objectif de détruire les données des systèmes d’exploitation. Pour exemple,
le rapport s’appuie sur les attaques dont la France a fait l’objet comme celle
de Bercy, du G20 ou encore de l’Elysée dernièrement. La défense face à ces
attaques serait la dissuasion par des capacités offensives afin de menacer les
ennemis.
Le rapport émet également l’obligation de déclarer les
attaques informatiques. Les acteurs de la scène informatique seraient alors
contraints d’avouer les intrusions sur leurs services. Même si cela pourrait
les amener à découvrir leurs faiblesses, ils pourraient alors les corriger et
trouver les failles.
Le rapport mélange le profil du hacker, des cyberdélinquants
et des cybercriminels pour décrire le cyberattaquant. Toutefois, il précise qu’ « aucune
attaque terroriste d'envergure par voie informatique, par exemple contre des
infrastructures sensibles, n'a pour l'instant été répertoriée ». La
cyberguerre serait un cas extrême et occuperait une place importante en cas de
conflit militaire. En effet, un tel conflit serait obligatoirement accompagné d’attaques
informatiques.