Un rapide rappel des faits. Comme nous vous l’avions annoncé, la justice américaine a fermée la semaine dernière dix-huit sites Internet dont Megaupload et par conséquent Megavideo en raison de la violation des droits d’auteurs en proposant le téléchargement de films, séries et autres produits piratés. Megaupload permettait de partager également des fichiers légaux. Le préjudice subi par l’industrie culturelle s’élève, selon les autorités américaines, à 500 millions de dollars. 50 millions de dollars ont été saisis sur les comptes de la société basée à Hong Kong.
Selon le FBI, Megaupload représentait l'une des plus « grandes affaires de violation des droits d'auteur jamais traitées aux Etats-Unis ». Megaupload, fort de son succès en France avec presque 8 millions de visites en novembre dernier, lance aujourd’hui la polémique et présage un futur assez sombre pour les amateurs du téléchargement.
Concernant l’historique de ce site, Megaupload a été crée par Kim Schmitz en 2005, un allemand disposant également de la nationalité finlandaise. Il a établi son activité à Hong Kong et élu résidence en Nouvelle Zélande. Il possédait 68% des parts de Megaupload et 100% de la société Vestor Limited d’Hong Kong gérant Megaupload et Megaporn. Six autres personnes ont également été interpellées. Son défaut aurait été d’avoir des serveurs implantés aux Etats Unis.
La justice américaine leur reproche d’avoir acquis 175 millions de dollars de profits par les abonnements payants et la publicité. Par son arrestation, des éléments apparaissent quant au mode de vie du fondateur. Il vivait dans une luxueuse villa de l’île, aurait financé quelques mois après son arrivée sur l’île le feu d’artifice d’Auckland pour le Nouvel an et dépensait près de 8 millions de dollars en location de yachts dans la Méditerranée. Les policiers ont également saisis de nombreuses voitures de luxe à son domicile. Il y a peu, il avait réalisé une vidéo intitulée « Mega Song », vidéo dans laquelle des stars américaines de la justice, dont Puff Daddy, chantaient les mérites de Megaupload !
L’arrestation de Kim Schmitz, allas Kim Dotcom, a été mouvementée. L’assaut avait été donnée par 76 policiers, aidés de deux hélicoptères. Le fondateur se serait réfugié dans la chambre forte de sa résidence avec un fusil à canon scié, trois passeports et quarante-cinq cartes de crédit. Les conditions de son arrestation n’ont pas jouées en sa faveur !
Kim Schmitz serait maintenu en détention en Nouvelle Zélande jusqu’au 22 février afin d’étudier la procédure d’extradition vers les Etats Unis. La justice a refusée la demande de liberté sous caution ce mercredi. Le juge David McNaugton, chargé de l’affaire, estime en effet qu’avec « la détermination et les ressources financières » du fondateur de Megaupload, « un risque de fuite avéré » hors de Nouvelle-Zélande est possible. L’avocat de Kim Dotcom rétorque que son client est prêt à respecter les conditions de la liberté conditionnelle en ce qu’il souhaite rejoindre sa femme enceinte de jumeaux, ainsi que ses trois enfants. De plus, l’avocat insiste sur le fait qu’il ne passera pas inaperçu aux contrôles de douanes et d’immigration et raison de sa corpulence (2 mètres pour 130 kilos tout de même !).
Toutefois, le directeur technique de la plateforme, Emmanuel Gadaix, a affirmé la semaine dernière sa priorité : rétablir le service pour les utilisateurs et les entreprises l’utilisant régulièrement à des fins légales.
La fermeture de Megaupload éveille de nombreux souvenirs concernant les réactions des autorités judiciaires contre le téléchargement illégal depuis plus de dix ans. Bref historique des ancêtres du piratage.
Napster : logiciel de Peer To Peer ayant vu le jour en 1999 par Sean Parker qui permettait le téléchargement illégal d’œuvres culturelles. Des artistes s’étaient élevés contre ce logiciel dont Metallica ou le producteur Dr Dre. Sean Parker avait été condamné en septembre 2001 à payer 36 millions de dollars de dommages et intérêts aux ayants droits des œuvres.
KaZaA : Sharman Networks, société éditrice de ce logiciel de P2P, fut condamnée fin 2005 à verser 100 millions de dollars à l’industrie musicale. Le service s’est alors transformé en plateforme de téléchargement légal. Originalité à l’époque, une mère de famille du Minnesota fut condamnée à payer 1.92 millions de dollars en réparation pour avoir partager vingt-quatre titres musicaux sur KaZaA ! Face à cette condamnation, les mises en garde d’Hadopi semblent bien faibles…
Morpheus : logiciel de P2P de la société Streamcast reprenant le même modèle que Napster. Cette société a fait faillite en raison des poursuites judiciaires exercées à son encontre.
Emule : logiciel de P2P ayant fait l’objet de poursuites pour la fermeture des serveurs hébergeant illégalement des œuvres, comme l’Allemagne en 2007. Concernant la France, eMule-Paradise fut l’objet d’un procès en janvier 2011.
Limewire : reprenant le principe d’Emule, des poursuites ont abouties à la fermeture du site en 2010.
Suprnova : lancé en 2002, le site fut fermé en 2004 par le créateur en raison des menaces de poursuites.
The Pirate Bay : lancé en 2003, ce moteur de recherche suédois fut fermé en 2010 après que ses fondateurs soient condamnés à quelques mois de prison et à une amende de plus de 7 millions de dollars. En août 2011, ils ont lancé une plateforme d’hébergement de fichiers, reprenant le modèle de Megaupload mais en déclarant vouloir respecter la légalité.
Rapidshare : site de téléchargement équivalent à Megaupload crée en 2006 a été poursuivi plusieurs fois, comme en 2008, en 2009 à verser 24 millions de dommages et intérêts.
Suite à la fermeture de Megaupload, leader en la matière, une panique se répand chez les concurrents. Les sites de streaming ferment, Filesonic, Fileserve ou encore VideoBB ont d’ores et déjà arrêtés leur activité. Toutefois, Rapidshare déclare ne rien se reprocher et ne prévoit aucune modification de son activité.
Concernant Filesonic, dont le concept était équivalent à Megaupload, un message est désormais affiché « Notre service ne peut être utilisé que pour envoyer et récupérer les fichiers que vous avez vous-même envoyés ».
Fileserve a arrêté de rétribuer les contributeurs de fichiers très demandés. 25$ était proposé pour 1000 téléchargements.
Quant à Uploaded.to, une originalité est présente. Au lieu d’arrêter toute activité, le site interdit l’accès aux adresses Ip émanant des Etats-Unis afin de ne pas être visé par la justice américaine !
L'action d'Anonymous.
Parlons enfin de l’action du collectif d’activistes, Anonymous.
Ils ont lancés « l'Opération Blackout », leur plus vaste cyberattaque. En effet, ils ont touchés les sites du FBI, du ministère de la justice américain, d'Universal Music ou encore de l'association professionnelle du disque RIAA.
Aussi, ils se sont attaqués à de nombreuses institutions afin de prôner la liberté sur Internet. Parmi les sites touchés se trouvent l’Elysée, Hadopi avec des messages tels que « Sarko, Sarko, le peuple aura ta peau ».
Ils déclarent «Le jour que nous attendions tous est malheureusement arrivé. Les Etats-Unis censurent l'Internet ». « Notre réplique est que nous ne resterons pas assis pendant que le gouvernement prend les droits que nous lui faisions confiance de garder »
En conclusion, malgré la fermeture de Megaupload et comme nous le prouve le rapide historique effectué sur les plateformes de téléchargement illégal, d’autres sites devraient bientôt prendre le relais. Depuis dix ans, le téléchargement fluctue et face à la demande croissante, l’offre ne devrait pas tarder à apparaitre.
Selon nous, le téléchargement permet l’achat. En effet, lorsqu’on aime une œuvre culturelle, le fait de la télécharger pour la visionner ne nous empêche nullement par la suite de l’acheter et peut même y conduire ! Nous citerons une phrase trouvée sur le net qui illustre parfaitement nos propos : « Le téléchargement est comme la nourriture : on aime goûter avant d’acheter ». La preuve récente se retrouve dans les bénéfices effectués par le cinéma, avec comme dernier exemple Intouchables. Avec le prix actuel des coffrets de séries télés, des films ou encore des albums musicaux, le consommateur effectue l’achat en étant certain que le contenu lui plaira. Le coût étant trop important pour certains.
Ce débat rappelle celui de la musique, dénoncé par les majors. Le fait de télécharger des titres plutôt que d’acheter les albums n’entraine pas une baisse certaine de la consommation. Les concerts sont toujours aussi complets et les revenus de certains artistes ne font qu’augmenter, comme en témoigne ce dernier classement.
Tous n’ont pas le même accès à la culture, n’ont pas les moyens d’aller au cinéma régulièrement, d’acheter des albums, de se rendre à des concerts ou encore d’acheter des livres. Le téléchargement constitue alors pour eux le seul accès à la culture et un accès peu coûteux. Désormais, il nous semble impossible d’arrêter toute forme de téléchargement, les habitudes étant prises et les consommateurs ne voulant revenir en arrière. Les majors et ayants droits doivent se faire à cette idée, la consommation des œuvres culturelles a évoluée et ne peut alors être similaire à ce qu’ils ont connus. Nous sommes désormais dans une société de consommation!
Une réforme serait bienvenue en envisageant par exemple d’allouer 1€ supplémentaire sur chaque connexion internet, euro qui serait reversé à un fond prévu à cet effet et qui aurait pour but de financer et retribuer la culture en général, une licence globale en quelque sorte, on en parle depuis 2001...
Ecrit par HulemParis03 (Visiteur), le 27-01-2012 13:13
Perso moi cette affaire me gave sérieux quoi maintenant ! Je suis passé sur wupload pour les partages de films et musiques, et pour mes contenus personnels j'ai mis tout ça sur quodding.com, au moins là je suis sûr de plus paumer mes données !
Ecrit par Guillaume (Visiteur), le 27-01-2012 12:54
Le paradoxe étant que le cinéma ne s'est jamais mieux porté qu'aujourd'hui. Il faut plutôt privilégier la création et son accès que la persécution des personnes.
Mais tant que ce seront les industriels qui auront le monopole c'est peine perdu.
C'est plus facile de gagner de l'argent en attaquant des personnes sans défense plutôt que de s'attaquer à un projet d'envergure.
Ecrit par Timo! (Visiteur), le 27-01-2012 14:00
Globalement d'accord!
J'ajouterais que le préjudice estimée aux artistes (500 millions de dollars il me semble) est ne fait complètement biaisé. Il ne tienne pas suffisament compte du fait que la plupart des films vus n'aurait pas été acheté, ni loué, ni vu au cinéma s'il n'était pas en accès gratuit. Et comme vous l'expliquez, cet accès à la culture gratuitement pousse même à l'achat (mon expérience ne serait qu'un témoignage supplémentaire) ce qui est donc directement déductible de la somme du préjudice. Une vraie étude, tenant compte de tous ces paramètres pourraient peut être montré que finalement ce système est profitable aux artistes.
Ecrit par osef (Visiteur), le 27-01-2012 16:02
un article qui explique le pourquoi du comment : et on peut l'appliquer a tout l'historique que vous citez sur la forme.
Pas ou très peu d'offres légales, alors les offres illégales se pérennisent.
C'est inadmissible qu'à coté de ça les ayants droits matraquent la populace à coups de "Pirates!" et de "Voleurs!".
Ecrit par king K (Visiteur), le 27-01-2012 18:42
http://www.linformaticien.com/actualites/id/23262/megabox-la-vraie-raison-de-la-fermeture-de-megaupload-par-le-fbi.aspx je suis tombé sur sa ya kelke jour et c plutot instructif je pense ke c a la fois la raison de la chanson megasong et la raison de son arrestation parce que son site allait devenir legal dans tous les pays et aurait remunéré les artiste dans l histoire les seuls perdant aurais été justement vivendi universal et autres production ainsi que les état qui touché (j imagine) des taxe transactionelle .. à creusé ...
Ecrit par L.C (Visiteur), le 27-01-2012 19:36
Je trouve incroyable ce genre de dérive, cette manière de nous priver encore un peu plus, cette façon de toujours trouver un biais pour nous racketter un plus. Ceux qui ont le pouvoir veulent plus que tout le garder. Ils ont toujours eu du mal à suivre là ou se crée le buz, ils n'aiment pas l'inconfort du changement. Du coup il vont tout de suite chercher la répréhension au lieu de privilégier l'adaptation. ils stagnent et parlent de perte potentielle, ce qui est une totale hérésie, tenant compte du fait que nous rémunérons déjà pour la plupart déjà tous, confortablement l'industrie du cinéma. je parle de la redevance TV, des cartes d'abonnement à UGC ou PATHE, de notre abonnement au cable ou à la VOD. Autant de droits payés autant de fois. Et pour ce qui est de ceux qui ne rétribueraient par aucun de ces biais qui de droit, et bien toute entreprise digne de ce nom les placeraient dans le budget "perte et profit". Pourtant i'état et l'industrie des puissants s'estime encore lésée. c'est une totale aberration. Personnellement il m'arrive souvent d'acheter le coffret intégral d'une série apres l'avoir découverte sur le net. Ils veulent que l'on paye ?? Encore faudrait il que nos médias soient assez efficaces pour nous donner l'envie de payer. La plupart des séries arrivent sur nos écrans européens des années apres leur sortie outre atlantique, quand elles arrivent !!!!!! Quant aux films...quelles hypocrisie !!! L'industrie du cinéma profite largement du téléchargement et si elles se portait mal, Les geants de la distribution comme PATHE OU UGC ne prospéreraient pas comme ils le font aujourd'hui. C'est encore une fois une atteinte pure et simple à notre liberté de décider, c'est nous retirer un peu plus de pouvoir d'achat. Et ils le savent bien, ces assoiffés de pouvoir.
Ecrit par Sok (Visiteur), le 27-01-2012 19:42
Je suis d'accord dans l'ensemble et j'ai surtout aimer la précision apportée au droit à la culture baffoué alors qu'on parle d'égalité des chances. Pour ma part, j'ai regardé des séries en streaming et quand elles m'ont plus, je suis passé à la caisse pour pouvoir les regarder tranquillement. Sans oublier les documentaires ou les séries/films d'origines asiatiques indisponibles sur le marché et traduit et sous-titrés avec passion qui ont pu disparaître avec Megaupload.
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