Réfugié depuis le 19 juin à l’ambassade équatorienne de Londres, il a aujourd’hui obtenu l’asile politique.
Rapide rappel des faits.
Avril 2010, WikiLeaks diffuse une vidéo concernant une bavure de l’armée américaine en Irak. Premier grand succès. En juillet 2010, le site réitère et dévoile près de 90 000 documents confidentiels concernant l’armée américaine en Afghanistan, soit six ans de guerre. Washington voit évidemment d’un très mauvais œil ces révélations.
Août 2010, WikiLeaks fait encore parler de lui, mais d’une manière totalement différente. Installé en Suède, Julian Assange est accusé de viols et d’agressions sexuelles par deux femmes. La première lui reproche d’avoir refusé le port du préservatif, considéré comme un viol en Suède. Quant à la seconde, elle l’accuse d’avoir eu des relations sexuelles avec elle alors qu’elle dormait. Julian Assange se défend « Je ne sais pas qui est derrière cette affaire, mais on nous a prévenus que le Pentagone pensait utiliser des mauvais coups pour nous détruire et j’ai été mis en garde contre un piège de nature sexuelle ». La Suède lance alors un mandat d’arrêt européen contre ce dernier.
En décembre 2010, il se livre à Scotland Yard. Après un très bref séjour en prison, il fut assigné à résidence dans un manoir et chez une connaissance.
Julian Assange craint surtout que la Suède ne le livre aux Etats-Unis. Selon lui, Washington envisagerait de le déporter à Guantanamo. Ses avocats redoutent quant à eux une condamnation à mort pour divulgation d’informations confidentielles et d’espionnage.
Février 2011, le tribunal de Belmarsh accepte le transfert d’Assange en Suède. Il fait alors appel auprès de la Haute Cour de justice de Londres mais sans succès. Il saisit alors la Cour suprême britannique, qui confirme la décision du tribunal en mai 2012.
Julian Assange décide alors de se réfugier à l’ambassade d’Equateur à Londres et d’y demander l’asile politique. Cette demande n’est pas anodine, l’Equateur avait proposé l’asile politique en 2011 par son vice-ministre des Affaires Etrangères.
Ce jeudi 16 août, sous une forte pression médiatique, l’Equateur a accepté l’asile politique à Julian Assange, en ce que ce dernier n’aurait pas le droit à un procès équitable s’il est extradé aux Etats-Unis. « L’Equateur fait confiance au Royaume-Uni pour fournir le plus tôt possible les garanties et le sauf-conduit nécessaires et adaptés à cette situation ». Cette décision va à l’encontre de l’intention des autorités britanniques.
La Suède convoque immédiatement l’ambassadeur équatorien à Stockholm concernant les accusations face à la partialité de la justice suédoise.
Quant à Washington, il dément toute pression exercée par les Etats-Unis sur la Suède afin d’obtenir l’extradition.
L’Union européenne n’interviendra pas dans ce différend en ce qu’il s’agit d’une question bilatérale entre le Royaume-Uni et l’Equateur.
Un problème se pose. Le Royaume-Uni ne reconnait pas le principe même de l’asile politique. Le ministre des affaires étrangères britannique, William Hague, a déclaré « pour les pays qui reconnaissent l'asile politique, il ne devrait pas être utilisé pour échapper à la justice. Nous n'accorderons pas de sauf-conduit à M. Assange. Il n'y a aucune justification légale à cela ».
Les autorités britanniques ont encerclé l’ambassade. L’Equateur a pris les devants en déclarant qu’ « une entrée non autorisée dans l'ambassade d'Equateur serait une violation flagrante de la convention de Vienne ». William Hague affirme qu’aucun assaut de l’ambassade ne sera effectué.
L’OEA – L’Organisation des Etats Américains – comprenant trente pays dont l’Equateur, a provoqué une réunion d’urgence aujourd’hui.
Qu'importe la tournure que prendront les évènements, Julian Assange et Wikileaks ne cessent de faire parler d'eux, même au prix d'un conflit diplomatique.



















