Samedi, 23 Août

Dernière mise à jour22/08/2014 07:49:24 AM GMT

Vous êtes ici Accueil

SSD Patriot Wildfire 120GB


Introduction

Patriot Memory propose un des membres de sa gamme SATA III embarquant un contrôleur SandForce SF-2200. La série Wildfire est présentée par le constructeur américain comme un produit de qualité professionnelle pour le marché grand public.

59hardware

Sans aller trop loin dans le descriptif, la fiche technique est calquée en termes de fonctionnalités sur les spécifications de SandForce, sans toutefois ajouter sur son modèle grand public des fonctionnalités de chiffrement avancées.
Le support annoncé de la technologie DuraClass est là pour rappeler que les SandForce manipulent les données avec un chiffrement automatique des données sur la NAND en AES 256-bit empêchant l’accès physique aux données stockées (et bien évidemment, votre disque et vos données restent tout à fait lisibles à l’échelle logique sans outil complémentaire pour les chiffrer). Il est à noter que le disque n’embarque pas de mémoire cache.

Patriot tente pourtant avec sa gamme Wildfire un mélange original qui détonne dans la masse des produits embarquant un contrôleur SandForce de dernière génération : plus que les gains de crête autorisés par le passage à une interface SATA révision III, ce sont les performances affichées en lecture et écritures séquentielles qui étonnent par leur quasi symétrie (respectivement 550 et 520 Mo/s).
Ces débits semblent être le produit de tests opérés sous ATTO, outil on ne peut plus pertinent pour les disques durs mécaniques, et surtout faisant briller plus que de raison les SandForce avec les données compressibles, leur point fort.

Les SandForce sont des prétendants au trône de la performance particulièrement versatiles, de par leur aptitude à exceller dans la manipulation de données compressibles. De fait, les résultats produits par AS-SSD devront être analysés avec une attention toute particulière.


{menu Présentation}

Présentation 


Spécifications :


arrow Patriot Wildfire 120GB (PW120GS25SSDR)
arrow Firmware : fourni en 3.1.9, mis à jour en 3.3.2 du 24 octobre 2011
arrow Taille détectée : 111,79 Go
arrow Contrôleur : SandForce SF-2281
arrow Type de modules NAND : MLC Toshiba 32 nm
arrow Taux de transferts séquentiels déclarés : 555MB/s en lecture | 520MB/s en écriture
arrow Ecriture séquentielle maximale exprimée en IOPS: jusqu’à 85,000 (4K)
arrow Bundle : visserie et adaptateur 3,5 pouces

Prix moyen : 230€

Tout comme OCZ, Plextor ou Corsair, c’est la NAND MLC Toshiba en 32nm (dite Toggle Mode, et fonctionnant de manière asynchrone) qui répond à l’appel ici dans une combinaison originale, puisque cette classe de puces, si elle ne représente pas la meilleure finesse de gravure disponible, repose sur un process de production mieux maîtrisé, une perte de performances plus contenue sur les données incompressibles, et d’une fiabilité plus constante.
La combinaison avec une solution SandForce est assez originale puisqu’elle permettrait de compenser les lacunes classiques de ce type de contrôleur sur les données incompressibles. L’idée semble pertinente sur le papier, et fait la « force » sans mauvais jeu de mots de ce type de contrôleur, tout à fait capable d’être couplé avec de la NAND de 20 ou 30 nm en fonction des besoins du constructeur.

k7diexgks74sy5xh4dns.jpgLa taille affichée au formatage est d’un total de 111 Go, dont 107 Go sont accessibles, facture de l’over-provisionning déduite. Le disque semble déjà calibré à ce niveau, et peut légitimement se targuer d’être employable sous n’importe quel OS sans manipulation supplémentaire. Un très bon point. Il faut rappeler que SandForce laisse carte blanche aux OEM avec sa série 22xx d’allouer ou non un espace d’over-provisioning. Patriot a choisi son camp.

Le constructeur n’offre toutefois aucune boîte à outils pour l’entretien et la migration des données. Sorti de l’outil de flashage devant être téléchargé sur le site du constructeur, vous êtes condamné à vous débrouiller par vos propres moyens dans un scénario d’upgrade. Il n’y a rien de grave, mais au regard de la position tarifaire du disque, cette situation paraît quelque peu « chiche », bien que peu originale dans le secteur des SSD, encore trop souvent ciblé vers des utilisateurs avertis. Le tout, garanti 3 ans, comme il fait loi pour la plupart des disques SSD sur le marché.

{menu Patriot, énième victime collatérale du SF-2200 ?}

Patriot, énième victime collatérale du SF-2200 ?

zfq8r7a72vhtcptj9fz8.jpgL’information a été largement relayée au mois d’août 2011, au travers d’OCZ dans un premier temps, qui fût le premier constructeur à faire profiter ses clients d’une mise à jour salvatrice du firmware du contrôleur. Et ce fut un soulagement de constater que Patriot a pu fournir dans un délai raisonnable une solution pour son produit (trois jours après le firmware 2.15 d’OCZ, ce qui démontre l’avantage d’être au cœur d’un partenariat privilégié pour ce dernier, mais n’a pas handicapé tellement Patriot en terme de réactivité).

En effet, les premières semaines de test ont montré à plusieurs reprises des problèmes récurrents de sortie de veille, quelques BSOD très désagréables, et une disparition sporadique du disque avec la conséquence évidente d’un crash du système avec le firmware 3.1.9 équipant le sample du disque testé. Un réel paradoxe lorsque le choix de la NAND affichait la volonté de proposer une solution aussi performante que fiable.


A l’époque (automne 2011) le SSD était proposé à un tarif avoisinant encore les 300€, et le constat plutôt amer. Quelques semaines et deux révisions de firmware plus tard, le recul permet heureusement d’avoir une meilleure visibilité des qualités intrinsèques du produit, maintenant sous son meilleur jour.
Il vous est ainsi recommandé, dès la réception de votre Wildfire flambant neuf, de passer par la case de vérification / flashage du firmware avant d’y installer quoi que ce soit si votre disque sort d’un stock produit avant la période fatidique. Vous êtes prévenus !
Il faut admettre que cet épisode fâcheux n’est pas de la responsabilité de Patriot, mais a permis de constater le sérieux du suivi de leurs produits. Un « mal pour un bien » pour ainsi dire.

{menu Protocole de test}

Protocole de test

Les performances affichées ont été relevées sur les interfaces SATA II et III natives sur les cartes mères suivantes : Gigabyte EP35-DS3R (drivers Intel RapidStorage 11.0.0.1032 WHQL)  et Gigabyte Z68P-DS3, toutes deux supportant les commandes TRIM et NCQ.
Les deux plateformes fonctionnent sous Windows 7 64bits SP1.


Nous démarrons avec CystalMark 3.0.1 (x64), dont les résultats ont été collectés en 9 passes sur des échantillons de 4000, 500 et 50 MB.
AS-SSD est lancé à 3 reprises, et seuls les résultats du troisième test sont relevés.
Les résultats suivant sont les moyennes des relevés sur chaque contrôleur.

{menu Les tests}

Les tests

Commençons toutefois par un traditionnel CystalMark 3.0.1 (x64), dont les résultats ont été collectés en 9 passes sur des échantillons de 4000, 500 et 50 MB. Les résultats suivants sont les moyennes des relevés sur chaque contrôleur.

Les débits en lecture sont bons, voire très bons, sur les deux interfaces. Les 500 Mo/sec en lecture séquentielle relevés en SATA III le positionnent clairement dans les très bons disques, mais c’est surtout l’impressionnant 448,78 Mo/sec en lecture aléatoire 512KB qui autorise le WildFire à épater la galerie. Sur un disque de cette taille, c’est tout bonnement excellent.
En SATA II, on parvient à se rapprocher du point de saturation réel de l’interface (le théorique restant ce qu’il est...), avec une perte très modeste en 512KB à l’échelle des pertes en SATA III.

La combinaison SF 2281 / Toshiba 32nm réussit donc à Patriot dans ce scénario très flatteur, mais quelque chose chiffonne. Si la lecture aléatoire en 4KB en un thread reste dans la moyenne de ce qui se fait de mieux, le passage en Queue Depth 32 ne permet pas de le distinguer d’autres disques de sa génération, au même contrôleur mais pourvus de NAND de dernière génération (OCZ Vertex 3, pour ne pas le citer...), ou d’un SSD de la série 830 de Samsung de taille équivalente.

En écriture, le bât blesse, avec des taux d’écriture stagnant sous les 200 Mo/sec sur les deux types d’interfaces. Il semblerait que la NAND Toshiba ne soit pas tout à fait à la fête en la matière, et maintenant que certains disques mieux placés sur le plan tarifaire se montrent plus homogènes en chatouillant les 300 Mo/sec en écriture séquentielle sans passer sous la barre des 200 Mo/sec en aléatoire 512KB, il apparait que la promesse d’équilibre entre taux de lecture et écriture en crête est plus qu’optimiste.
Tout n’est pas morose non plus à l’échelle de l’écriture. Que ce soit en 1 ou 32 threads sur 4KB, le Wildfire résiste bien et se montre même efficace. S’il n’atteint pas les cimes, il ne côtoie pas non plus les gouffres de sa catégorie. En soi, c’est un excellent point. Voyons désormais ce qui l’en advient de l’équilibre général du disque :

Que de surprises ici, la lecture aléatoire 4KB en une Queue Depth reste à un bon niveau, et est honorable en 32. Les taux en écriture sont cette fois lissés par le temps d’accès, et se montrent sous un jour favorable en frôlant les 37000 IO/S. C’est un très bon maintien des performances globales en écriture.
 La petite anomalie en écriture entre SATA III et SATA II en écriture aléatoire 32 Queue Depth relève de l’infinitésimal, les performances restent très bonnes.

Le challenge des données incompressibles

Face à AS-SSD, le Wildfire montre une belle ténacité en lecture séquentielle. Il encaisse toutefois avec moins de panache en lecture aléatoire où l’on est face à une belle glissade, même en 64 threads. On reste nettement sous la barre des 200 Mo/s avec une belle quasi-symétrie en écriture. Si la lecture en 4KB est de tradition toujours bien faible sur un SSD, le cas de figure en 4KB 64 threads marque un net recul des performances sur de l’incompressible, là où des disques disposant d’un contrôleur ne gérant pas la compression (CF test du Samsung SSD 830) lèvent le gant en dépassant la barre des 250 Mo/s.
C’est une contre-performance classique pour du SandForce, lissant de fait les résultats dans les scénarios d’usage. Les 517 Mo/s de crête sont bien loin, et quelques produits sur le marché savent se montrer plus homogènes, surtout lorsque l’on lève le lièvre des performances en écriture, restant bonnes mais pas remarquables.
Le bilan est donc mitigé sur les données incompressibles, comme il fallait s’y attendre avec un SF-2281.

Les temps d’accès sont un peu plus élevés que la moyenne des SSD disposant de MLC de dernière génération (25 ou 20 nm), mais restent bien inférieurs aux meilleurs standards d’un disque mécanique. Tout va bien donc.

Wildfire, le ventre plein

La ténacité des SSD à l’usage est un élément clef lorsqu’on investit dans ce type de disques, à fortiori dès qu’une utilisation en tant que disque de remplacement dans un laptop entre en ligne de compte.
En termes de temps d’accès purs, nous nous retrouvons avec des résultats somme toute moyens, mais absolument pas pénalisants dans cet ordre de performances pour le SSD face à un disque mécanique.

 

Le disque ne semble pas en souffrance une fois bien garni. Et cela se confirme par le reste des relevés !

On découvre ainsi une véritable force du Wildfire 120G, apte à garder ses vertus dans le temps, même rempli comme un œuf. Les variations sont minimes, on peut même dire qu’elles sont insignifiantes à l’échelle des tests synthétiques.
En matière applicative, les scénarios d’usage montrent que le contrôleur peut avoir un peu plus de fil à retordre dans certains scénarios (Program) alors que sur des données plus monolithiques, le bénéfice des données compressibles se montre sous son vrai visage (scénario ISO).


{menu Conclusion}

Conclusion

n8cf50r6epkew0lexyhv.jpgC’est un disque plutôt bien pensé, et mérite d’être le berceau d’un système d’exploitation afin d’offrir une réactivité à long terme.
Après une approche un peu piquante relative au passif du Sandforce nouveau, le Wildfire révèle son aptitude à être un compétiteur de choix en offrant un mélange se révélant assez judicieux, et surtout efficace à l’usage lorsque l’on sort la tête des benchmarks.

5uxqdxjvcjbsyyrfuynt.jpgToutefois, quelque chose persiste à chatouiller : est-il pertinent à 230€ de choisir ce SSD face aux offres maintenant pléthoriques de disques de même taille placés dans une tranche oscillant entre 180 et 200€ à garantie, taille, voire contrôleur équivalent…mais ses performances le placent clairement plus en phase avec la gamme MAX IOPS de OCZ (lui aussi équipé de MLC Toshiba 32nm comme de par hasard), ou des m4 de Crucial (je vous entends marmonner « les bugs en moins ? ») beaucoup plus proches en terme de tarifs avec le Wildfire. Sous cet angle, c’est un très bon candidat.



arrow Performances en lecture séquentielle
arrow Maintien des performances dans le temps et au remplissage
arrow Support réactif du constructeur



Disque peu homogène, écritures en retrait
Offre logicielle « chiche »
Prix élevé

Share