Boîtier Nanoxia Deep Silence 2.

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nanoxiaAppartenant au catalogue de Nanoxia, jeune société allemande, à la réputation malheureusement assez confidentielle de ce côté-ci du Rhin, le Deep Silence 2, version plus compacte du Deep Silence, est un boîtier vendu dans le segment le plus concurrentiel d’entre tous, entre 80 et 100 euros, là où la concurrence est déjà solidement implantée pour certains ou au moins déjà largement représentée.

D’autant que son argument de vente reste le silence (cf nom …), argument qui aurait pu lui valoir il y a quelques temps de se démarquer des autres grâce à cela, mais plus maintenant, la concurrence y a veillé : les Cooler Master Silencio 550, Spire X2-6017, NZXT H630 et Fractal Design Define R4 par exemple occupent déjà l'espace, pour ne  citer qu’eux …

Alors, on en vient à se demander quelles peuvent être les qualités dont peut faire montre ce Deep Silence 2, bien déterminé à se faire sa place là où personne ne lui fera de cadeaux. C’est d’ailleurs la question que nous nous sommes posé avant de débuter ce test, qui passera en revue ses possibilités en refroidissement et sa capacité à étouffer les nuisances sonores, ainsi que la facilité avec laquelle une configuration peut y être montée.

Et ce test commence pas plus tard que tout de suite.


Le Deep Silence 2 de Nanoxia est une bien jolie petite chose fragile :

Difficile à croire en le voyant pourtant, mais le Deep Silence 2 est un boîtier au format mi-tour. Cette impression est due principalement à sa profondeur qui atteint 588 mm, car sa largeur et sa hauteur restent dans les normes, respectivement 207 et 468 mm. Cela lui permet toutefois d’accepter les cartes-mères de facteurs de forme mini-ITX, micro-ATX, ATX et Extended ATX, ainsi que des ventirads et des cartes d’extension dont la hauteur et la longueur maximales correspondantes ne doivent excéder 165  et 345/370 mm (selon que vous sacrifiiez ou non le support intérieur pour ventilateurs de 120 mm, mais nous y reviendrons).

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Il se compose à la fois d’acier et de plastique et comporte plusieurs couches de matériaux isolants (mélange de mousse et de bitume, d’où un poids pas plume de 10.96 kg), dans la porte avant, sur les panneaux latéraux et sur les emplacements pour ventilateurs supérieurs laissés vacants. En effet, ces derniers sont pourvus, d’usine, de caches insonorisés (Nanoxia VentCovers), quand la plupart des autres constructeurs laissent un trou béant (voire plusieurs, ou pire, les vendent séparément  …). Toutefois, on a l'impression que Nanoxia ne va pas au bout de sa logique du tout silence : pourquoi alors des vis pour fixer les ventilateurs au châssis et pas des silentblocks ?

A propos de système de ventilation, apprenez qu’outre les emplacements susmentionnés, le Deep Silence 2 inclut un emplacement inférieur pour ventilateur de 120/140 mm, un emplacement arrière pour ventilateur de 80/92/120 mm (120 mm pré- monté), quatre emplacements avant de 120 mm, deux derrière la façade avant (fournis) et deux autres placés verticalement sur la cage à disques durs, dans une configuration qui autorise le montage, tout aussi vertical, du radiateur d’un kit de refroidissement liquide.

Possibilité également offerte, mais de façon horizontale, sur la partie supérieure du boîtier, ouvrant une option encore peu démocratisée de nos jours, mais qui tend déjà à se répandre : le double refroidissement liquide tout-en-un du CPU et du GPU dans le même boîtier.

Watercooling, encore, le DS2 comprend quatre orifices pour la sortie des tuyaux, gainés de caoutchouc, conformément aux standards en vigueur en la matière, mais, là où Nanoxia se démarque, c’est en proposant des caches de remplacements non percés, pour assurer encore un peu plus l’étanchéité sonore. C’est peut-être aller un peu loin, mais on apprécie le sens du détail …

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L’alimentation, en position basse, repose sur quatre pieds en caoutchouc et n’entre pas en contact directement avec la partie verticale du boîtier : un revêtement semblable à celui chargé de l’insonorisation de l’ensemble vient s’intercaler entre l’alim’ et la tour, afin de limiter les vibrations. Encore une fois, un sens du détail louable …

Toutefois, le filtre à poussière qui couvre la sortie d’air de l’alimentation, bien que facile d’accès, s’est  avéré plutôt fragile et ne tenant pas à grand-chose sur notre exemplaire de test. A voir si le défaut se retrouve dans les exemplaires commerciaux ou s’il n’affecte que notre seul sample.

Le support carte-mère est littéralement cerné de passe-câbles gainés : au-dessus de la large ouverture pour plaque de rétention, de l’alimentation, de la prise 20/24 broches et des prises SATA et PCI-Express. Mais il faudra voir à visser les entretoises soi-même et là, Msieu Nanoxia, tous les partisans du moindre effort du monde, dont nous nous faisons l’étendard ici, ne vous félicitent pas …

Mais passons. Le DS2 incorpore trois baies externes 5.25 pouces, à fixation sans outil (l’option visserie n’est pas exclue pour autant), dont l’une d’entre elles (la plus basse) peut être convertie en baie externe de 3.5 pouces. La cage à disques durs comporte sept emplacements, consistants en autant de tiroirs amovibles (qu’on extrait par une simple pression de deux doigts), sur lesquels on vient fixer par le dessous les disques 2.5 et 3.5 pouces grâce à des vis. Bien que le système de fixation 2.5 pouces en soit dépourvu, le système de fixation 3.5 pouces comporte des œillets en silicone, eux aussi là pour atténuer les vibrations.

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Il totalise également sept emplacements pour cartes d’extension, dont chaque fermoir consiste en une vis à main, retenant un cache réutilisable.
La façade avant, qui se détache du boîtier en la tirant par le bas vers soi, abrite les deux ventilateurs de 120 mm avant, mais également derrière la porte en plastique, les trois baies externes, au système d’éjection simplifié. On remarque également  sur le dessus du boîtier, un port USB 2, deux ports USB 3, deux prises audio jack audio et le bouton Power, le bouton Reset étant relégué à côté des baies 5.25 pouces.

Enfin, le DS2 propose un câblage interne pour deux fois trois ventilateurs, reliés à deux variateurs horizontaux linéaires sommaires se situant sous les baies 5.25 pouces externes.

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C’est bien beau tout ça, mais à l’intérieur, ça donne quoi ?

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Hum, c’est assez simple en fait. Il n’y a aucune excentricité, aucune fioriture quelconque … Tout a été pensé pour monter une carte-mère dedans et cela a été bien fait. Comprenez par-là que tout se passe sans réelle anicroche, du début à la fin.

Il convient donc de commencer par disposer les entretoises sur le support carte-mère avant de penser à fixer celle-ci. Vous pouvez d’ores et déjà brancher, à ce moment précis du montage, la rallonge EPS fournie dans le bundle si nécessaire, la RAM, insérer dans leurs connecteurs respectifs tous les câbles SATA dont vous aurez besoin et placer le CPU ainsi que son ventirad (165 mm de haut maximum), à moins que vous ne comptiez exploiter la large ouverture pour montage de plaque de rétention par la suite.

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Une fois cette étape accomplie, nous pouvons passer à la fixation de l’alimentation. Quatre vis suffiront à la tâche, soit en position ventilateur vers le haut soit ventilateur vers le bas. Elle prendra dans tous les cas place sur quatre reposoirs de caoutchouc et un revêtement disposé sur la partie verticale en contact avec le composant, qui vient atténuer les vibrations qu’elle peut produire en fonctionnement (sauf fanless, option qu’on ne vous recommandera toutefois pas dans le cas présent, du fait du placement de l’alimentation en bas de la tour de l’alimentation, interdisant toute évacuation de chaleur par le haut).

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A partir de là, on peut faire passer tous les cordons en provenance de l’alimentation par les passe-câbles. La Be Quiet! Straight Power 680 Watts de notre configuration de test étant quasiment entièrement modulaire, nous avons pu ne retenir que les cordons absolument nécessaires : PCI-Express, SATA/Molex pour les disques dur et optique et pour les ventilateurs et EPS.

Tout a pu se faufiler sans encombre par les orifices dédiés, dont certains se voient voués à certain facteur de forme plutôt qu’à un autre. En effet, un passe-câble dédié au format micro-ATX s’avère inutilisable, car intégralement recouvert, quand une carte-mère ATX est montée à l’intérieur du DS2 par exemple.

Tout vient également se loger facilement derrière le support carte-mère, suffisamment large pour que l’épais câble 20/24 broches vient se loger dans la partie inférieure du boîtier pour ne plus en bouger. Epaisseur qui ne se voit pas trop amputée par le revêtement phonique, car il est plus fin de ce côté. Ce qui paraît tout à fait logique car ce n’est pas de là que proviennent le plus gros des nuisances sonores et cela permet de plus de discriminer sans difficulté les deux panneaux latéraux, une fois qu’ils sont démontés.

Si vous comptez gratifier votre machine d’un lecteur optique, il vous faudra, arrivé à cette étape du montage, enlever la façade avant (facile), placer le lecteur et l’aligner correctement (facile aussi) avec le système de fixation sans outil, qui consiste en deux bras (car oui, le système de fixation est présent des deux côtés) qui viennent enserrer le disque pour ne plus le laisser flotter et assurer définitivement la fixation par simple pression sur deux petits boutons (car deux côtés, pas bien difficile non plus). Vous pourrez tout aussi bien opter pour une fixation classique par vis.

En ce qui concerne les disques durs, comme nous l’avons fait remarquer plus haut, il convient de les disposer dans un tiroir, à la fois compatible 2.5 et 3.5 pouces, et de les fixer par le dessous, grâce aux vis fournies. A noter encore une fois que seuls les disques 3.5 pouces profiteront d’un système de fixation  avec œillets en silicone, absorbant les vibrations produites en fonctionnement. Les dits tiroirs sont au nombre de sept.

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La dernière étape avant la fermeture de la tour est de brancher toutes les cartes d’extension (345/370 mm tout au plus) dont vous pourriez disposer. Dans notre cas, une unique Radeon HD 7870 VTX3D, qui vient se positionner sans problème et qui est solidarisée au châssis par des vis à mains. On ne peut plus classique mais des plus efficaces …

Le Deep Silence 2 permet de faire quelque chose de très propre avec ses nombreux passe-câbles et, si besoin est, vous pourrez toujours en improviser un rangement supplémentaire, comme nous l’avons fait, en haut de la tour pour caser les fils inutiles avec un lecteur optique savamment placé.

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En résumé, de nombreux bons points en ce qui concerne le cable management et un montage aisé, une finition excellente et un choix des matériaux très satisfaisant, trahi entre autres par le poids de la chose (10.96 kg pour rappel) …, bref, tout ce qu’il faut pour rejoindre illico le dessus du panier des constructeurs de tours de PC.


Ce qu’on a fait et comment on l’a fait  …

Grâce à la liste de composants qui suit, ainsi qu’aux logiciels de benchmarking OCCT et Furmark, nous avons pu déterminer les possibilités en refroidissement du Deep Silence 2, sans oublier d’établir sa capacité à étouffer les nuisances sonores, les deux fonctions premières d’un boîtier PC.
Le logiciel OCCT, lancé dans une session de trente minutes, permettra de mesurer l’échauffement du CPU et Furmark servira à la même chose, mais se chargera de stresser la carte graphique pendant une minute.

Désirant également mettre à l’épreuve la solution de refroidissement fournie d’usine et le système de variation de vitesse de rotation inclus dans la façade avant du boîtier, nous avons effectué les relevés des émissions sonores à 15 et 100 cm, au repos (bureau Windows) et au plus fort de la séance d’OCCT, selon les positions Low et High disponibles sur les variateurs.

Carte-mère ECS Z77H2-A2X Deluxe

Processeur Intel Core i5-3550S

Ventirad Cooler Master TX3

Mémoire vive Kingston Hyper-X PC 12800 4 Go

Carte graphique VTX3D Radeon HD 7870 Eyefinity

Disque dur Seagate 7200.11 500 Go

Alimentation Be Quiet! Straight Power 680 Watts

Graveur DVD LG


... Et ce que ça donne :

Relevés sonores :

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Le graphique montre cette fois que le Deep Silence 2 est dans la moyenne supérieure des boîtiers silencieux, mais dont le revêtement interne anti-nuisances sonores se montre surtout efficace sur la distance, avec par exemple une différence sensible entre les relevés sonores au repos à 15 et 100 cm. Un schéma semblable se dessine également en charge, mais dans une peu moindre mesure.

En résumé, le Deep Silence 2 s'avère effectivement, comme son nom l'indique, un boîtier plutôt silencieux, mais un peu plus de loin que de près, tout en restant à un prix abordable.

 

Relevés de température :

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A la lecture du graphique, on remarque surtout que le silence d’exécution a un (faible) prix à payer en termes de refroidissement : du fait de l’absence d’emplacement latéral pour ventilateur, la chaleur de la carte graphique a tendance à s’accumuler et elle est clairement le composant qui bénéficie le moins du flux d’air intérieur.

Néanmoins, il convient de proportion garder, en ce que le DS 2 pourra parfaitement s’accommoder d’une carte graphique conséquente, moyen de gamme voire entrée de haut de gamme, mais il vaut mieux se contenter de cela et ne pas s’aventurer du côté de la configuration multi-bi-GPU. En effet, ce n’est pas ce qu’on demande au Deep Silence 2, on s’attend avecun nomp pareil à ce que quoi qu’il fasse, il le fasse en silence et, de ce point de vue, mission accomplie.

Du reste, les températures des trois autres composants « stressés » restent dans des deltas tout à fait satisfaisants, sans être non plus exceptionnels.

D’un point de vue silence d’exécution et refroidissement, Nanoxia et son Deep Silence 2 obtiennent de bons résultats sur tous les tableaux, d’autant que son prix n’est pas excessif (environ 80 à 90 euros). Une réussite à de nombreux points de vue…


« Cela est bel et bon, mais il faut cultiver notre jardin » Candide, Voltaire, 1759 :

Comme on peut s’en douter à l’énoncé de l’état-civil de son boîtier, Nanoxia avait à cœur de proposer une tour silencieuse et s’en est donné les moyens. Tout d’abord, l’insonorisation latérale, qui n’entrave que peu l’espace disponible par son épaisseur (2 à 3 mm sur le panneau droit par exemple) et surtout l’insonorisation supérieure, option suffisamment rare pour être soulignée et qui sera reprise au point de devenir la norme, espérons-le. On rajoutera, bien que ce soit un détail, la présence des caches de remplacements pour orifices à tuyaux de watercooling.

Combinez à cela le choix d’un acier de 0.7 mm d’épaisseur pour le châssis et les panneaux latéraux et vous obtenez en premier lieu des panneaux qui ne se gondolent pas et, en deuxième lieu, un boîtier rigide et à même d’absorber les vibrations et enfin un poids conséquent pour un boîtier de gabarit moyen-tour, quelques 10.96 kg. Panneaux latéraux dont le système de fixation reste perfectible.

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Du coup, l’impression de solidité qui se dégage du DS2 au premier coup d’œil n’en est pas tout à fait une : c’est effectivement une tour massive, solide, construite pour durer, pas mal équipée (voir la suite) et au prix de vente plutôt attrayant, autant du poids de vue équipement intérieur que du point de vue finition, exemplaire.

XXX Comme nous l’avons montré plus haut, le Deep Silence 2 dispose d’une capacité de refroidissement satisfaisante, parmi les meilleurs du genre sans toutefois pouvoir prétendre à la première place et sa capacité à étouffer les nuisances sonores se révèle XXX

L’exemplaire que nous avons reçu s’avère intégralement noir, mais il existe trois autre coloris, enfin si on veut, Nanoxia n’a pas vraiment versé dans l’outrancier ni dans le bigarré, jugez par vous-même : noir intégral, noir avec porte couleur argentée, anthracite intégral et blanc intégral.

Le Deep Silence 2 est en outre vendu avec un convertisseur de façade avant pour baie externe 5.25 vers 3.5 pouces, une rallonge pour prise EPS, un sachet de vis en vrac (« on aurait préféré des sachets indépendants regroupant chaque vis du même type », s’écrie en cœur le collectif « pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué, après tout … », proche de celui auquel nous faisions allusion plus haut), cinq colliers de serrage et les quatre embouts de remplacements pour les orifices dédiés au watercooling.

Le DS2 se trouve en moyenne entre 80 et 90 euros sur les étals.


Pour finir :

nanoxiaLa toute jeune société allemande Nanoxia pourrait bien frapper un grand coup avec ce Deep Silence 2, reste à ce qu’il faudra pour cela gagner en visibilité, car il est assez peu représenté chez les e-commerçants français.

Et c’est bien dommage car, malgré de menus défauts, dans l’ordre, de « pas bien grave » à l’« encore moins grave » jusqu’au « pas grave du tout » : la façade avant plutôt dépouillée (on aurait aimé plus de ports USB par exemple), le poids (quasiment 11 kg à vide, c’est lourd pour des petits bras …, la contrepartie logique de la solidité de l’ensemble) et les entretoises à fixer soi-même (les partisans du moindre effort dont nous nous faisons le chantre ici s’en émeuvent encore), le Deep Silence 2 est un investissement sûr, solide et bien équipé pour un prix  tout à fait contenu, lui octroyant par là même un rapport qualité-prix tout à fait intéressant.

De là, nous nous proposons d’apporter notre pierre à l’édifice, deux plutôt pour être tout à fait exact et elles consistent en deux labels : économie (qui récompense un rapport qualité ou quantité-prix supérieur à la moyenne) et silence .

alt

fleche Prix
fleche Boîtier silencieux et élégant
fleche Convenablement équipé, discret, solide, rigide …

alt

fleche Lourd (tout le monde n’a pas les bras aussi gros que les cuisses …)
fleche Façade avant un peu dépouillée (peu d'USB)
fleche Système de glissière des panneaux latéraux à revoir
fleche Entretoises à fixer soi-même (nan mais vraiment pfff …)

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