Lundi, 24 Février

Dernière mise à jour21/02/2020 11:44:12 AM GMT

Vous êtes ici Articles Mobilité, PC Portable et tablettes Portable HP Spectre 13

Portable HP Spectre 13

Envoyer Imprimer

Hewlett-Packard nous avait bien caché qu’ils savent aussi faire du design aussi sexy en interne. Le Spectre 13 est peut-être la première machine signée par HP qui arrive à faire oublier la marque à la pomme parmi son vivier de clients. Mais est-ce que le Spectre 13 tient toutes ses promesses ?

Photo HP Spectre 13 001

Il faut tout de même l’avouer : c’est bien la première fois que l’on soit tous d’accord sur ce point. Hewlett-Packard s’est vraiment arraché pour sortir une machine à la fois sexy, performante et aussi attirante avec son Spectre 13. Si l’on attaque d’emblée le test de ce tout nouveau laptop de la firme américaine, c’est que le peu de fois où nous l’avons sorti du labo pour le tester en condition réelle, tous nos interlocuteurs du moment nous ont demandé son nom, ses spécifications et bien entendu son prix. Pour la première fois depuis que nous testons des ordinateurs portables portant le sigle HP sur le dos du panneau d’affichage, nous avons eu des questions à son propos.

Le design, un réel défi technique pour HP

En effet, il faut une nouvelle fois avouer que le géant du PC s’est bien souvent contenté de faire des machines un peu carrées, pas franchement jolies avec une peinture grise ou noire qui colle bien au monde pro. Mais finalement, les sirènes du marketing voulant toujours plus d’éléments de différenciation parmi la pléthore de PC disponible sur le PC, HP a enfin lâché la bride de ses designers. Pour en avoir rencontré quelques-uns il y a quelques temps à Shanghai, nous pouvons vous dire que ceux-là usent du crayon. Pourtant, nous n’avons que peu vu de choses sortir de ces laboratoires de recherche en design depuis cette rencontre vraiment atypique.

Photo HP Spectre 13 002 2

Là, avec le Spectre 13, vous aurez dans les mains une machine fine, avec une barre dorée et lustrée à l’arrière, disposant de deux orifices de ventilation sur la tranche. L’orfèvrerie se targue de disposer de trois ports USB type C, deux supportant le Thunderbolt et le dernier, le plus à gauche pour la recharge. En termes de connectique, c’est tout ce que vous aurez. Contrairement à la marque à la pomme, Hewlett-Packard n’est pas avare en connecteur, puisque le carton, très classieux, dans la lignée du design proposée par la machine, offre un câble pour l’Ethernet et un câble pour l’USB Type B en femelle. Au moins, vous pourrez toujours y brancher vos anciens périphériques encore sous cette norme tout en pouvant charger votre PC.

Tout de marron vêtu, le PC portable est relativement sobre, en dehors de sa barre qui signe ici une véritable rupture entre la jointure de l’écran et l’arrière. Cette séparation nous rappelle celle que l’on peut trouver sur les Aorus avec une barre de ventilation placée au même endroit. Si HP a pris l’idée, que ce soit sur ce modèle ou un autre, en ajoutant cette surcouche dorée, le Spectre 13 monte indéniablement en gamme pour son côté classieux que beaucoup aiment, ou n’aiment pas d’ailleurs. Cette dorure est reprise d’ailleurs sur le logo de la marque collée à l’arrière de la dalle. De ce côté aussi la marque veut montrer une nouvelle facette en mode bâton qui nous semble plus dans l’air du temps et dans la ligne de design. En outre, l’association du marron et du doré passe relativement bien et sobrement puisque l’ensemble des plastiques arborent ce revêtement de couleur foncé, que l’on trouve également sur le clavier rétro-éclairé.

Photo HP Spectre 13 003

Justement, si l’on parle du design, ce Spectre 13 est-il pour autant fonctionnel ? Le clavier en lui-même est assez sympathique en soi. En revanche, on peut tout de même lui trouver un vrai défaut : l’agencement des touches. La touche entrée qui se trouve amputée par la touche étoile juste au-dessus. De fait, on a tendance à taper sur l’étoile et non sur entrée. Les chevrons sont également placés au niveau du alt gr que l’on a sur les autres claviers habituellement. Hormis ces quelques défaut de placement de touches, dont on peut avoir du mal à se faire si vous passez d’une machine à une autre régulièrement, le clavier est audible mais pas autant que celui de la Surface Pro 4. Il reste donc un bon clavier si vous souhaitez taper pas mal de textes, à condition que vous vous fassiez à l’agencement.

Des spécifications assez hautes, mais à quel prix ?

Côté trackpad cette fois, à l’image du design, HP a fait un effort sur le choix technique. Il offre enfin une réactivité aux gestes multi-doigts tout comme le défilement à la verticale ou à l’horizontale. Le clic est audible également, mais pas plus que la moyenne. Le Spectre 13 dispose, en résumé, d’un trackpad qui est très bon, bien qu’un peu trop petit à notre goût pour réellement en profiter largement lors de sessions de navigation web intenses.

Et puisque nous parlons de navigation web, sachez qu’ici, vous n’aurez pas de tactile sur l’écran de 13,3 pouces. En revanche, pour limiter les coûts de production et donc à la revente, Hewlett-Packard ne propose ici qu’une définition en Full HD. Avec un panneau de verre Gorilla Glass, sans tactile, comme nous le disions, l’ensemble est assez fin. Pour autant, la robustesse peut être son point faible si vous vous avez pour habitude de maltraiter vos machines. Ce qui est également vrai pour la partie inférieure qui est composée d’une plaque en plastique supportant trois baguettes en caoutchouc pour l’adhérence et deux grilles aux trous minuscules pour l’aération. En le portant d’une main lors de nos balades de couloirs, ce fameux plastique a craqué quelques fois. Nous nous sommes demandés si nous n’étions pas en train de casser la machine par moment tellement le plastique craque. Comme nous avons reçu le produit neuf, nous pouvons rajouter de fait que la conception ne semble peut-être pas encore au point de ce côté pour la solidarisation de la plaque avec la coque du PC. Enfin, HP nous précise qu’il s’agit sûrement d’un défaut sur un modèle de pré-production. Nous attendons une autre machine pouvant confirmer cela.

Photo HP Spectre 13 004

Pour ce test, nous avons eu la plus généreuse côté spécifications. A l’intérieur, nous avions 8 Go de RAM en DDR3 (malheureusement), associés à un processeur Intel Core i7-6500U, deux coeurs, quatre threads de traitement, mode Turbo à 3,1 GHz et un circuit graphique HD Graphics 520. En outre, la partie stockage est confiée à un SSD NVMe sur bus PCI-E de 512 Go. Dès le démarrage, la machine pousse doucement la chansonnette en démarrant le ventilateur. Normal, puisqu’il faut configurer l’ensemble des services de Windows 10 avec votre compte Microsoft. Une fois la partie de configuration faite, on peut enfin commencer à utiliser son nouveau laptop. Et dès lors, en mode bureautique ou surf sur le web, le ventilateur se fait oublier dans un espace de travail calme. Les seules fois où nous l’avons entendu sont pendant nos benchmarks ou nos sessions de jeux.

HyperBare, efficace ?

On se demande d’ailleurs comment il est possible d’avoir un circuit de ventilation qui s’exprime à ce point dans un si petit espace. Avec presque 41 dbA, ce n’est clairement pas le PC portable le plus silencieux que nous avons eu entre les mains. Mais comment faire autrement dans un corps aussi peu épais. A ce propose, HP a voulu nous vendre son système de refroidissement d’une manière assez étrange. Baptisé HyperBare, le principe ne se contente pas juste de faire tourner des pales pour souffler sur les ailettes en cuivre du bloc de refroidissement. Non, cette fois, les ingénieurs font dans le sens inverse, ils proposent d’avoir un ventilateur qui aspire l’air frais extérieur, de le souffler à l’intérieur de la machine qui empruntera logiquement un conduit d’air pour ensuite ressortir par l’arrière en soufflant cette fois les calories du CPU. Si, sur le papier, l’effet physique est logique, puisque pour un même volume d’air frais, on peut expulser un volume plus important d’air chaud dilaté. Sauf qu’en réalité, le Spectre 13 s’appuie sur deux turbines pour faire entrer l’air frais par le dessous puis un seul orifice d’expulsion à l’arrière pour extraire l’air chaud. Dans les faits donc, le système ne semble pas aussi performant qu’on pourrait s’y attendre. Surtout que le géant de l’informatique personnel nous a vendu son système comme étant une nouveauté qui va révolutionner le refroidissement dans ces machines de plus en plus fines.

Photo HP Spectre 13 005

Nous sommes tatillons, c’est vrai. Mais autant que vous le sachiez. Et bon, s’il faut refroidir le PC, c’est que nous nous en servons. Donc, passons maintenant à la rubrique des benchmarks et autres tests de machineries. Pour être franc, ce PC portable est loin d’être destiné à jouer aux gros titres du moment. Mais bon, ça, vous le saviez déjà. En revanche, que faire quand nous avons un peu de temps devant nous, que les projets, rédactions ou toutes les autres tâches ingrates sont faites ? Pouvons-nous quand même jouer un peu dessus ? Difficilement est la réponse. Avec un titre de 2013, notre bon vieux BioShock Infinite, nous atteignons les 30 fps de moyenne. Cela veut donc aussi dire que par moment, ça saccade un peu. Et nous rajouterons bien entendu que les deux turbines sont à pleins régimes ici. Si l’on s’appuie maintenant sur un autre test, plus commun pour un résultat homogène sur lequel vous pouvez aussi vous appuyer et donc le comparer avec votre propre machine que vous avez entre les mains au travail ou chez vous, nous pouvons conclure que le Spectre 13 est véloce. Avec un score de 3551 points sur PCMark 8 Home, il n’a pas à rougir devant des machines bien plus épaisses et dans la même gamme de prix. Mais voilà, si les performances sont au rendez-vous, comme nous le disions cela se fait au détriment du bruit. Mais nous notons également un autre point désagréable lors de son usage : la chaleur. En faisant tourner vos programmes gourmands, la ventilation s’active, jusque-là, tout est normal. Mais sur les genoux, la chaleur se fait sentir. Pire, si vous êtes dans votre lit, en train de regarder une vidéo, au contact de la peau, la chaleur est juste insoutenable. On va donc utiliser la protection en simili cuir comme bouclier thermique entre soi et le dessous de la machine.

Il est presque temps de refermer ce test. C’est la transition parfaite pour parler du système de fermeture, la charnière du Spectre 13, avant de conclure sur notre avis concernant son achat, ou non. Il semble que les constructeurs commencent à être un peu fatigués sur la charnière utilisée pour solidariser l’écran du châssis. Certains tentent la charnière type chenille de tank, comme sur la Surface Book. D’autres proposent les charnières broyeuses, comme sur le Yoga de Lenovo. Ou encore, on pense aux machines qui s’en affranchissent tout simplement en apportant un système deux en un avec tablette d’un côté et clavier de l’autre, et un aimant ou mécanisme de blocage manuel. Ici, Hewlett-Packard propose une autre alternative, avec une charnière à pistons. Regardez donc une grue de chantier et regardez comment le piston arrive à lever ou baisser le bras de la grue. Ici, l’écran est le bras de la grue et le piston, en position horizontale, tient la gâchette en métal dorée qui bouge avec l’ensemble du bloc écran. En position fermée, l’écran est donc posé sur le clavier. L’utilisateur pousse sur l’écran pour l’ouvrir, ce qui a pour conséquence de pousser sur le piston au travers de la bague en métal doré. C’est ainsi que l’écran reste en place, via le piston et la pression induite dans son tube. Malin. En revanche, le contre coup, c’est que l’angle d’ouverture n’est pas extraordinaire. Une fois posé sur la table, le PC portable peut paraître un peu trop “fermé” pour certains utilisateurs qui ont la chaise assez haute. Il faut donc avoir cela en tête au moment de l’achat : est-ce que vous aimez avoir votre écran bien ouvert vers l’arrière, limite proche du bureau, parce que vous aimez vous pencher sur votre PC portable lorsque vous l’utilisez ? Si la réponse est oui, passez votre chemin, vous ne trouverez pas votre aise avec ce Spectre 13. Sauf si vous conviendrez faire un effort, ou plutôt un compromis puisque vous cherchez une machine véritablement fine, performante, autonome, avec près de six heures de bons et loyaux services (avec le WiFi, écran à 80% et de la rédaction de documents), mais aussi légère ! Sur notre balance, le Spectre touche les 1,1 kg, pile poil, comme l’indique la fiche technique du fabricant.

Photo HP Spectre 13 006Notre machine de test s’offre le plus haut de gamme, comme nous le disions, avec un ticket d’entrée de 1799€. Un prix élevé qui colle bien avec la ligne de design que le fabricant américain a voulu imprimer dans son Spectre 13. En revanche, même si nous n’avons pas encore eu l’occasion de mettre les mains dessus, sachez que l’Asus ZenBook UX305 offre exactement la même configuration, mais à près de 500€ moins cher. Pire, il propose des ports que l’on peut utiliser de suite contrairement aux deux ports USB Type C présents sur le modèle signé HP. Est-il un peu trop en avance sur son temps ?
Cela ne serait pas une première en soi avec la marque. Mais sachez tout de même que Hewlett-Packard ne fait pas de radinerie en proposant dans son bundle un adaptateur USB Type B vers son port en Type C, tout comme la housse en simili cuir. Disons que si vous avez les fonds pour l’achat du Spectre, que le design est tout aussi important que les performances et que vous n’avez pas vraiment de contrainte concernant les périphériques externes, le Spectre 13 est fait pour vous. Pour les autres lecteurs où l’une de ses questions n’est pas positive, il faudra juger selon le palliatif à mettre en place pour corriger le point bloquant, ou tout simplement regarder un autre modèle présent sur le marché.

Share