Lundi, 24 Septembre

Dernière mise à jour24/09/2018 07:50:05 AM GMT

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Test SSD Samsung 830 128 Go

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Introduction

59hardware

Samsung est presque un nouvel arrivant sur le marché émergent du retail grand public pour les supports SSD. Il ne faut pas pour autant croire que l’on est face à un constructeur débutant dans le domaine. Le constructeur coréen est en effet un des OEM les plus actifs derrière bon nombre de produits que vous connaissez bien, et le fournisseur de designs revendus par d’autres grandes marques comme Apple, Corsair ou OCZ. Sa première série (470) commercialisée discrètement sur nos terres, est disponible à des tarifs raisonnables actuellement montrait déjà de bonnes performances fin 2010.

Samsung a pour atout majeur de pouvoir fournir une solution SSD en couvrant l’intégralité de la chaîne de production du produit, là où des grands noms du secteur doivent panacher leurs approvisionnements entre NAND, contrôleur et RAM. Grand fournisseur de tous formats de mémoires (que ce soit de la DRAM ou de la NAND) et de SoC ARM dont ils maîtrisent le design et la production de bout en bout, l’opportunité d’occuper un segment encore plus complémentaire que voué à remplacer les disques mécaniques constitue une nécessité avant que les ténors historiques ne se décident à sortir de leur torpeur, et accessoirement du chaos thaïlandais.

Même si tout indique que Samsung puisse partir d’une base saine et maîtrisée, qu’en est-il des performances dans des conditions d’usage réelles ? C’est ce que nous allons tenter de découvrir au travers de cet exemplaire de 128Go, format type pour un disque destiné SSD dédié au système d’exploitation, et souvent parent pauvre des performances face aux représentants de tailles supérieures, à plus haute densité.
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Présentation
 
Aussi exceptionnelles que puissent être les performances des SSD sur le papier, cette technologie dispose de quelques contraintes l’empêchant de pouvoir remplacer un disque mécanique traditionnel (déjà pour des raisons de coût, mais aussi de développement des procédés de production des NAND MLC), y compris pour des raisons de fiabilité. Si le SSD est doté d’un gros atout pour la mobilité, sa pérennité dans le temps reste toujours une épée de Damoclès tant la technologie reste jeune et puisse paraître parfois hésitante si l’on se réfère aux nombreux épisodes plus ou moins dramatiques entourant les valses de firmwares connues par quasiment tous les constructeurs présents sur le marché à ce jour. 
 


La maîtrise complète du produit peut être un atout pour Samsung lorsque des marques font de l’assemblage disparate de MLC aux spécifications différentes sur une même gamme. Leurs produits destinés aux solutions de classe « entreprise » ont une réputation les mettant en concurrence avec les produits équipés de NAND Intel/Micron (aka IM Flash Technologies), Hynix ou Toshiba, en offrant une bonne tenue des cycles d’écriture. Ce SSD 830 est en effet l’alter égo du PM830, une version destinée aux marché pro et OEM se différenciant par la présence d’un chiffrement AES-256 de la NAND, absente de la version grand public. 
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La fiche technique du SSD 830 128 Go  varie essentiellement face à ses cousins de 256 et 512 Go de par l’utilisation d’uniquement 2 modules de 64 Go, réduisant de fait la capacité du contrôleur tri-core à paralléliser les accès en écriture sur la NAND. Ainsi, les performances attendues en écriture sont inférieures dans ce format (320 MB/s contre 400 MB/s pour les modèles de 256 et 512 Go), mais ne sont pas censées varier en lecture, ni parvenir aux 520 MB/s théoriques.
Si ces débits affichés sont plus qu’honorables, il reste latent que l’intérêt de ces derniers doit être mis en perspective dans le cadre de deux types d’utilisation à cette échelle de prix et de taille : en tant que disque système d’upgrade pour une machine récente (12 à 24 mois), ou de disque système abordable pour un système neuf disposant d’une interface SATA III.
 
En effet, les performances de pointe d’un SSD ne doivent pas éclipser que la technologie disponible ne permet pas à ces derniers de réagir avec autant de souplesse en fonction de leur gestion par l’OS et le trio interface / driver / contrôleur. Les débits de crêtes permis par le SATA III et la promesse des 6 Gb/s ne représentent que des cas de figures théoriques, dans des conditions d’usage optimales. La force de l’utilisation peut contrarier notablement l’idylle.

qlemk8nefouun8j67p6a.jpgarrow Samsung SSD 830 Series
arrow Taille : 128 Go
arrow Taille détectée : 119,24 Go
arrow Part Number : MZ7PC128HAFU-0Z000
arrow Modèle : MZ-7PC128
arrow Contrôleur : SoC Samsung custom ARM9 3 cœurs « MCX » (S4LJ204x01-Y040)
arrow Garantie 3 ans

Prix moyen constaté : 180.00 euros garantie 3 ans

Le test n’a pas été effectué sur un produit fourni dans son bundle « retail », et ne préjuge en rien des caractéristiques de ce dernier. Le firmware de test est le CXM01B1Q.

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{menu Installation SSD Magician 3.0 et l’over-provisioning}

Installation, SSD Magician 3.0 et l’over-provisioning…

L’espace disponible sur le disque trouve une explication quelque peu fâcheuse à l’installation de l’utilitaire compagnon de Samsung, SSD Magician. Si les quelques onglets présents, comme celui d’optimisation ou de mise à jour du firmware sont de bon aloi, il est quelque peu regrettable de constater que l’over-provisioning est de la compétence et du ressort de l’utilisateur qui installera le disque. Le constructeur fait ouvertement confiance à l’utilisateur final, et exclut d’office aussi une frange de ceux ne disposant pas d’un OS Microsoft sous la main pour préparer leur SSD flambant neuf. De fait, les tests ont été faits sans préparation, tel que fourni nu et installé par un utilisateur lambda voulant mettre à niveau son portable ou sa station avec un tel disque, et n’ayant pas passé quelques minutes sur internet pour juger de l’opportunité de cette procédure.

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Il est à noter, à la décharge de Samsung, que l’over-provisioning est possible sur des partitions actives à condition de disposer de l’espace suffisant pour y procéder.

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L’onglet dédié au clonage renvoie au téléchargement de l’utilitaire Norton Ghost, dont la réputation n’est plus à faire tant il est un compagnon courant et fiable, à la fois dans l’industrie et sur le marché grand public.

Un disque pour quels usages ?
Disponible à la fois en bundle pour les ordinateurs portables et les machines desktop (avec la visserie et l’adaptateur pour la fixation dans la tour adaptée à la situation), la série 830 ne jouit pas encore d’une réputation énorme, mais d’un positionnement prix hors pair qui pourrait séduire bien du monde, y compris les utilisateurs de machines recherchant un coup de fouet à prix contenu, ou possesseurs d’ultra-portables ou de netbooks attirés par les bienfaits du silence et de la frugalité d’un SSD.
 
Or, ces cas de figures ne comprennent pas un usage homogène du disque. Autant l’acheteur à la recherche d’un upgrade d’une machine clonera simplement la partition, ou réinstallera son OS (en prenant soin de bien mettre à jours ses drivers AHCI pour l’occasion …) et pourra dispatcher ses documents et fichiers temporaires sur son ou ses disques mécaniques, autant l’utilisateur d’une portable devra se contenter du seul et unique disque présent et possible. De fait, il est intéressant d’alimenter le test et d’évaluer les performances de ce SSD à partir d’un scénario d’usage type : OS + fichiers de tous formats, ISOs de toutes tailles 700 / 4Go / 8Go et swap désactivé pendant 30 jours à un taux de remplissage de 80% du disque.

SATA II vs SATA III – Ou comment juger de l’utilité et des bénéfices d’un SSD en upgrade
La question de la norme SATA III est une arlésienne qui tient en haleine depuis 2009 avec l’apparition des premiers disques mécaniques supportant la norme. Mais entre la valse des chipsets, pas réellement tous égaux dans leur efficacité dans la gestion des commandes, comme de la bande passante offerte aux périphériques de stockage, les résultats obtenus sont aussi inégaux qu’aléatoires pour l’utilisateur ne prenant pas soin de connecter son SSD sur le meilleur chipset disponible sur sa carte mère. L’accumulation chez beaucoup de constructeurs de carte mères de chipsets dédiés à la prolifération de ports SATA ou spécifiques au support d’une norme supérieure à celle supportée par le Southbridge du chipset est génératrice de confusions et de potentielles déceptions.
 
atr34rfnv2g94kbn73pt.jpgLa solution de l’ajout d’une carte PCI-E dédiées disposant d’un chipset supportant le SATA III n’est pas toujours une solution idéale dans beaucoup de cas non plus : la bande passante nécessaire contraint à ce que ces cartes soient placées sur des slots PCI-E 2.0 pour ne pas se retrouver avec des performances inférieures à ce qu’offre un vieux ICH9R. Cette option est bien évidemment totalement absurde pour un possesseur de portable, qui se posera légitimement la question de l’intérêt d’investir dans un disque supportant le SATA III plus onéreux qu’un SSD de génération précédente basé sur du Sandforce 1200 ou de l’Indilinx Barefoot pour ne citer qu’eux.
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Protocole de test

Le disque a été utilisé pleinement et quotidiennement comme disque système pendant 30 jours, avec un taux de remplissage supérieur à 80%. Les données de comparaison se basent sur des tests initiaux produits après clonage d’une installation type de Windows 7 64 bits assortie des derniers drivers AHCI disponibles. Les données mixtes de « remplissage » sont constituées de photos, vidéos, images ISO, données de jeux, et 15 000 fichiers de 1Ko, et reposent sur la même partition (NTFS, clusters de 4Ko, 512 bits par secteur) que le système d’exploitation.

Il ressort que les tests basés sur des suites applicatives, ou des lancements de jeux (y compris ceux tirant  bénéfice du streaming comme Rage et Crysis 2 en moindre mesure) lissent nettement les résultats, et restent peu pertinents. Les variations remarquables sont de l’ordre de l’infinitésimal entre les deux interfaces.
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{menu Résultats des tests}

Résultats des tests

Le test se divisera entre les performances affichées sur des interfaces SATA II et III natives sur les cartes mères suivantes : Gigabyte EP35-DS3R et Gigabyte Z68P-DS3, toutes deux supportant les commandes TRIM et NCQ.
Nous démarrons avec CystalMark 3.0.1 (x64), dont les résultats ont été collectés en 9 passes sur des échantillons de 4000, 500 et 50 MB. Les résultats suivant sont les moyennes des relevés sur chaque contrôleur.

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On peut remarquer tout d’abord que les performances en SATA II sont excellentes, et s’approchent du point de saturation théorique de l’interface, sans toutefois les atteindre. Le gain en SATA III est notable avec un gain de près de 83% en lecture séquentielle, approchant dangereusement les 500 Mo/sec. Du tout bon pour un disque de cette taille. Ce coup de fouet en écriture se trouve plus ou moins lissé dans les cas de lecture aléatoire, réduisant considérablement les écarts entre les deux interfaces.
 
En écriture, les gains du SATA III sont plus modestes, mais cohérents. D’autant plus que le taux en écriture est plutôt bon pour un SSD « castré » en termes de densité des modules mémoire. Comme sur tous les SSD, les écritures aléatoires sur des petits fichiers sont le maillon faible. Toutefois, la chute est proportionnelle entre les deux interfaces, et remet à l’échelle les pointes observées en lecture. En écriture aléatoire 4KB, le Samsung fait mieux que beaucoup de rivaux de même taille, comme le SSD 510 120 Go, mais en dessous de ce qu’affichent des OCZ Vertex 3.

Afin d’affiner les résultats par interface, combinant temps d’accès et taux de transfert, l’indice en IOPS peut être révélateur.
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Avec un gain moyen de 23 % en SATA III, le SSD 830 montre ses dents en lecture aléatoire 4KB, avec un bonus impressionnant de 66,40 %. Ce cas de figure fait remonter la moyenne, là où le gain est plutôt inférieur à 10 %.

Nous passons ensuite à AS-SSD, dont l’intérêt premier est pouvoir afficher des résultats basés sur des données non compressibles par le contrôleur d’un SSD, et afficher des scores synthétiques plus « réalistes ». Les résultats relevés sont la moyenne du test lancé à 3 reprises après redémarrage de la machine.

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Commençons par noter que les tests censés simuler le lancement de transferts « type », marquent un écroulement des performances sur l’interface SATA II, avec des écarts échelonnés entre 68,5% (profil Game), 79,61% (profil ISO) et 89,5% (Program) ! Le relevé de ces indices ne saurait être révélateur des performances intrinsèques, puisque si les débits en lecture séquentielle révèlent des gains brutaux de 91% en séquentielle, et près de 60% en aléatoire, l’efficacité en écriture nivèle complètement ces bénéfices nets.
Les résultats restent toutefois cohérents avec ceux affichés précédemment, et renvoient à un écart-type du gain de 40% en faveur du SSD 830 sur une interface autorisant 6Gbps.
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{menu Test d’usure sur 30 jours d’usage}

Test d’usure sur 30 jours d’usage.

Le 830 à l’épreuve du quotidien.

Afin de niveler les tests synthétiques dans un cas d’usage « courant » d’un SSD, le disque a été utilisé en conditions réelles durant un mois, avec 107 Go occupés sur le disque, comprenant à la fois des logiciels, des données de petites tailles et disparates, des archives, ainsi que des conteneurs de médias. Aucune opération de maintenance ou d’optimisation du disque n’a été employée, laissant le contrôleur libre d’agir avec l’OS.

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On constate une chute notable, mais pas réellement vertigineuse des performances du Samsung, qui semble montrer une certaine capacité à maintenir les accès en écriture à un niveau plus que décent.
La perte moyenne de 7,5% sur la base de chaque indice ne doit pas totalement effacer les pertes notables en écriture aléatoire 4K 64 Threads et sur l’indice des programmes (respectivement -23,82% et -32,55%) et plus globalement la baisse d’un peu plus de 13% en écriture. Il reste que le maintien des taux de lecture à des seuils toujours très confortables lisse à l’usage les pertes relevées. Mais quid des temps d’accès ?
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L’impact de l’usage est ici plus palpable, avec une perte à la fois en écriture et en lecture, mais avec une variation cette fois plus notable en lecture, où s’applique une pénalité de 65% sur le temps d’accès. Toutefois, là encore, le pire des scénarios n’entachera pas de manière notable les sensations de l’utilisateur.
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Conclusion

Cette entrée de gamme de Samsung a énormément pour plaire, il faut l’avouer. Autant sur le plan des performances, l’efficacité de son contrôleur, que de son positionnement tarifaire, le constructeur coréen offre un produit homogène, et semblant apte à couvrir tous les usages sans avoir à trop se soucier de la survie des bénéfices d’un SSD dans des usages quotidiens. 

Les sentiments d’homogénéité et de fiabilité qui émanent, confortés par l’absence de mise à jour à profusion, ou de BSOD en plusieurs semaines d’utilisation (et là, les regards se tournent vers d’autres ténors du secteur dont certains produits peuvent avoir une tendance plantogène au bout plusieurs mises à jour…) doit être félicité. Le souci de donner une certaine qualité de finition à l’ensemble, du package du disque jusqu’au firmware, fait de cette série 830 un choix raisonnable pour qui veut profiter d’un SSD bon à tout faire, voire excellent, en toute quiétude.


Remerciements : Samsung et tout particulièrement à Mélanie pour le sample et aussi pour sa patience ...

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