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Ventirad Be Quiet! Shadow Rock Slim : Test et Avis

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Le test 59H du jour porte sur un ventirad, le Shadow Rock Slim de Be Quiet!

Be Quiet!, fabricant allemand à facettes multiples (refroidissement, alimentations mais aussi boîtiers depuis peu), qui se targue d’être leader sur son marché domestique depuis 2007 (institut GfK) a sorti récemment le Shadow Rock Slim (ou SRS), afin de renouveler/améliorer une gamme de ventirads qui a déjà fait ses preuves.

Alors, évidemment, un constructeur, allemand de surcroît (on a tous en tête l’expression Deutsche Qualität, expression entrée dans le registre populaire suite aux dommages occasionnés par le matraquage publicitaire d’une certaine marque automobile elle aussi allemande, ou, pour les plus pervers, la Deutsche Ingenieurskunst), qui décide de s’appeler Be Quiet! se met forcément, de notre point de vue, la pression, d’autant plus qu’il a une réputation  en ce sens à tenir.

Chez 59Hardware, nous en avons pris bonne note et avons soumis ce SRS à notre batterie de test habituelle afin d’en déterminer les performances et autres aptitudes au refroidissement, non sans avoir pris le temps de mesurer les nuisances sonores produites en fonctionnement et en ayant pris soin de tester la phase de montage du dit ventirad, phase qui pourrait bien, souvent à tort, rebuter les débutants en la matière.

Et c’est ce que nous vous proposons de découvrir, pas plus loin que la page suivante.

Plateforme de test :

– Processeur : Processeur AMD Phenom II x 4 965 3.4 GHz
– Carte mère : Carte-mère MSI 890GXM-G65 micro ATX
– Carte graphique : MSI HD 7790
– Mémoire : 1 x 8 Go Kingston HyperX Blu DDR3 1333 MHz
– SSD : Intel 510 Series 120 Go
– Alimentation : BeQuiet! Straight Power 680 Watts
– Boîtier : Dead Silence Cube Aerocool

Logiciels utilisés

– Système d’exploitation : Windows 7 64 Bits
– OCCT 4.4.0

Les tests seront pratiqués la plate-forme montée dans un boîtier, aujourd'hui le Dead Silence Cube d’Aerocool.

Les relevés seront effectués deux fois pour éviter un disfonctionnement éventuel, une moyenne sera effectuée entre les quatre cœurs de notre processeur.

Le protocole du test de refroidissement :

Nous allons utiliser le logiciel OCCT et laisser reposer la configuration pendant 30 min pour relever la température au repos, la valeur la plus élevée sera retenue et nous ferons une moyenne des quatre cœurs en une donnée.

Nous lancerons un test d'une heure puis observerons un temps de repos de 30 min entre chaque test. Nous réaliserons nos tests à différentes tensions afin de voir l'impact réel sur la température, pour cela nous avons retenu les tensions suivantes de 7.5, 9 et 12 Volts. Si toutefois, pendant un test la température du processeur se trouve au-dessus de 75°C, nous considérerons le test comme un échec car nous avons réglé de bios de telle manière que le pc redémarre lorsque cette température est atteinte.

Nous avons utilisé de la pâte thermique Arctic Cooling MX4 au lieu de celle fournie par Be Quiet!.

Mesures sonores

Le sonomètre sera situé à 15 cm du ventirad pour que le souffle ne perturbe pas les mesures. Un second relevé sera effectué à 1 mètre. Les deux prises s’effectuent panneau gauche enlevé, car le rôle du boîtier au niveau de l’affaiblissement acoustique est énorme, difficile donc de généraliser.

Il est évident que tester dans un boîtier performant, les résultats seront nécessairement meilleurs et en tout état de cause, très différents de ceux qui sont obtenus avec un boîtier milieu de gamme.

Nous allons tester la tension de démarrage du ventilateur et relever son niveau sonore à 7.5, 9 et 12 volts.

 Le test du montage

Nous démarrons par l'examen des notices, application de la pâte thermique, identification des différents éléments correspondant à notre processeur et carte mère. Nous accordons une importance à l'accessibilité de la mémoire et du connecteur 4 broches pour le processeur. Pour un non-initié, la tâche peut se présenter comme étant très ardue, celle-ci incluant bien souvent le démontage du support existant, donc de la carte mère.

Glossaire

Caloducs : Un caloduc se présente sous la forme d’une enceinte hermétique qui renferme un fluide en équilibre avec sa phase gazeuse et sa phase liquide, en absence de tout autre gaz. A un bout du caloduc, celui près de l'élément à refroidir, le liquide chauffe et se vaporise en emmagasinant de l'énergie provenant de la chaleur émise par cet élément.

Ce gaz se diffuse alors dans le caloduc jusqu'au niveau d'un dissipateur thermique (ou d'un autre système de refroidissement) où il sera refroidi, jusqu'à ce qu'il se condense pour redevenir à nouveau un liquide, et céder de l'énergie à l'air ambiant sous forme de chaleur… Source Wikipédia.
 

PWM : Pulse Width Modulation, c'est un concept de commande de ventilateur par un espacement de la durée d'alimentation. Reconnaissable à son connecteur 4 broches au lieu de 3, il se veut plus souple et plus rapide que le réglage par variation de tensions.
 

CFM : Cubic Feet Minute, en le multipliant par 1.7, vous connaîtrez la capacité de déplacement d’air en m3/heure d'un ventilateur.
 

HDT : Certains ventirads sont équipés de cette technologie, la surface utile en matière de refroidissement n'est constituée quasiment que par la jonction caloduc/processeur. L'aluminium présent sur la base jouant plus un rôle de support des caloducs et de montage.

De plus, dans la plupart des cas, il n’est pas en contact avec la pièce à refroidir et en est éloigné de quelques dixièmes de millimètre.
 

Pression statique : C’est une des composantes de l’évaluation d’un flux avec le débit (CFM). Il s’agit, pour simplifier, de la force de l’air. Elle est indispensable en refroidissement processeur dans la mesure où le débit doit rester important en sortie de radiateur pour évacuer les calories prélevées.

Pour avoir une pression statique importante, plusieurs éléments entrent en ligne de compte, la géométrie des pales, (surface et courbures notamment), et la vitesse de rotation. Pour les courbures des pales, les ventilateurs « épais » sont nettement plus adaptés. A vitesse équivalente, un 120×32 sera forcément plus à l’aise qu’un 120×25 ou même un 140×25.

Donc 2 ventilateurs peuvent posséder des caractéristiques en termes de débit identiques mais des pressions statiques très différentes. Une forte pression statique est nécessaire partout où la circulation d’air est difficile : petits orifices de ventilation, obstacles … Le radiateur d’un ventirad est assimilable à un obstacle.

Dans le cadre d’une ventilation boîtier et si ce dernier n'est pas trop encombré, la notion de pression statique est un peu moins importante, le débit et la discrétion sont à mettre en avant. Par contre, pour information, un boîtier vide réduit le débit d’environ 15%, un boîtier bien rempli de près de 60%, quand on vous dit de bien ranger vos câbles !

Pâte thermique :Le but principal d'une pâte thermique est d'assurer un contact optimal et d'éviter la présence d'air entre les surfaces d'un composant et de son système de refroidissement (souvent un dissipateur thermique). Ces surfaces possédant de nombreuses micro porosités (trous, bosses), de l'air est présent entre le composant et le dissipateur. L'air étant un mauvais conducteur thermique, le transfert thermique s'effectue ainsi moins bien.


L'application de pâte thermique permet de remplir ces imperfections par une substance dont la conductivité thermique est beaucoup plus élevée que celle de l'air. La surface de contact entre le composant et le dissipateur est ainsi plus importante et donc le transfert thermique va s'effectuer plus efficacement.

La pâte thermique sert également parfois à maintenir le dissipateur sur le composant, certaines pâtes étant très collantes. C'est par exemple le cas de certains dissipateurs destinés à refroidir les circuits intégrés mémoires des cartes graphiques, où seule la pâte thermique (qui prend parfois la forme d'un morceau de Scotch double-face) les fait tenir en place.

Le paramètre le plus important d'une pâte thermique est sa conductivité thermique, exprimée en watt par mètre-kelvin (c'est-à-dire en W/(m×K), à ne pas confondre avec W/mK : watt par millikelvin). Une pâte thermique à base de silicone a une conductivité thermique comprise entre 0,7 et 0,9 W/(m×K), tandis que celle d'une pâte à base d'argent est comprise entre 2 et 3 W/(m×K), voire plus. À titre de comparaison, à une température de 20°C, la conductivité thermique du cuivre est de 401 W/(m×K), celle de l'argent de 429 W/(m×K), et celle de l'air de 0,0262 W/(m×K, à une pression d'un bar).

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Be Quiet! nous présente aujourd’hui un ventirad de type tour, le Shadow Rock Slim, qu’il a conçu compatible pour les sockets AMD 754 / 939 / 940 / AM2(+) / AM3 (+) / FM1 / FM2 (+) et Intel LGA 775 / 1150 / 1155 / 1156 / 1366 / 2011, une liste plutôt large, comme vous pouvez le constater.

Comme dans de très nombreux cas, il se compose d’une part d’un radiateur et d’un ventilateur (d’où le mot « ventirad », issu de la concaténation des deux mots cités en sus) dont les dimensions sont de 137 x 74 x 161 mm et un poids total de 730 grammes.

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Le radiateur du Shadow Rock Slim mesure quant à lui 130 mm de profondeur sur 52 mm de largeur et 161 mm de hauteur, composé en partie d’aluminium (les 52 ailettes empilées par exemple), en partie de cuivre (les quatre caloducs de 6 mm de diamètre) mais également en partie de cuivre nickelé (la zone de contact indirect CPU).

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BQ lui a adjoint un exemplaire de ventilateur PWM de sa fabrication, mesurant 135 x 135 x 22 mm, dont la vitesse de rotation maximale est de 1400 tours par minute et le débit d’air maximum est exprimé en CFM (67.8) ou en mm2H2O (113.8). Le fabricant allemand parle aussi de 11.5, de 18.7 et de 23.7 dB(A) respectivement à 50, 75 et 100 % de sa vitesse de fonctionnement.

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Garanti trois ans, le Shadow Rock Slim comprend également un gramme de pâte thermique, deux attaches pour un ventilateur supplémentaire et une notice de montage, rédigée en cinq langues.

Prix recommandé par Be Quiet : 40.90 euros TTC.

Le montage du Shadow Rock Slim diffère un peu selon que vous avez opté pour un processeur AMD ou pour un processeur Intel. En effet, si la phase de montage pour CPU Intel comporte bien deux étapes supplémentaires, la dite phase de montage n’est ni tellement plus longue ni vraiment plus difficile (l’une implique des boulons et l’autre des écrous, c’est dire …).

En résumé, il y a deux phases supplémentaires de fixation pour les sockets Intel, l’une impliquant notamment quatre écrous à venir fixer sur les vis de la plaque de rétention, afin de venir y solidariser par la suite le radiateur.

Comme vous le voyez, rien de bien difficile …

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On commencera par préparer le radiateur en enlevant l’autocollant de protection de la zone contact CPU, en prévoyant et en plaçant les fixations adaptées à la marque de votre processeur (AMD dans notre cas) dans la plaque de rétention fournie, avant d’appliquer la pâte thermique sur le CPU.

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Les fixations AMD,

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Les fixations Intel.

Ensuite, on s’emploiera à monter les quatre vis sur la plaque de rétention, avant de la placer en dessous de la carte-mère,

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et de placer les quatre œillets de plastique noir qui viendront empêcher que les quatre vis ne se délogent de l’endroit où elles doivent être.

Arrivé là, il ne reste plus, seulement dans le cas d’un processeur AMD, qu’à retourner l’ensemble et serrer les vis pour fixer la plaque de rétention au radiateur et mission accomplie.

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En ce qui concerne les processeurs Intel, comme nous le faisions remarquer plus haut, il faudra visser quatre boulons, eux-mêmes reposant sur quatre écrous à double pas de vis, qui supporteront le poids du radiateur en même temps qu’ils parachèveront son montage définitif sur l’armature  de la plaque de rétention.

Enfin, on signalera qu’il ne nous aura même pas été nécessaire de démonter le ventilateur pour fixer le Shadow Rock Slim sur une carte-mère AMD (les partisans du moindre effort, parmi lesquels nous comptons, n’auront pas manqué d’apprécier), mais que la réciproque n’est pas vraie pour les CPU Intel.

Ceci dit, on regrettera que le montage AMD se fasse dans le sens perpendiculaire au flux d’air interne. Un sens de montage pas vraiment optimal et dont on connaît déjà les limites. Sens de montage qui n’est certes pas non plus sans exemple chez d’autres constructeurs, mais dont d’autres fabricants, à l’image de Noctua et de son récent NH-D15, qui réutilise la plaque de rétention du ventirad stock, ont pourtant réussi à s’affranchir.

Toutefois, l’impact sur les performances générales est bien moindre que l’on pourrait le penser de prime abord, comme nous allons le voir par la suite.

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Un dernier mot quant à l’encombrement, le fabricant a bel et bien réussi son pari quant à un encombrement réduit, radiateur et ventilateur conjoints, bien que couvrant en partie l’un des emplacements mémoire de notre carte-mère de test, n’empêche pourtant pas le montage d’une barrette.

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Toutefois, aucun espoir de le monter sur carte-mère mini ITX et d’espérer profiter en même temps de l’unique port PCI-Express de la carte.

En ce qui concerne l’encombrement vertical maintenant, le SRS mesure 161 mm de hauteur, lui ouvrant les portes de nombreuses tours, sans mauvais jeu de mots.


Le placement du Shadow Rock Slim fait que, une fois installé sur un CPU AMD, il se trouve en position perpendiculaire au flux d’air intérieur, en plus d’aspirer de l’air chaud en provenance de la carte graphique, défaut qui peut toutefois être contrebalancé par le positionnement de cette dernière dans le second port PCI-Express de votre carte-mère, en admettant que cette dernière en propose un.

Nous avons donc testé le Shadow Rock Slim dans l’optique du « pire » scénario, c’est-à-dire avec le GPU dans le port PCI-Express le plus haut.

Et comme nous le pensions les résultats s’en sont ressentis, toutefois à un degré bien moindre que celui auquel nous nous attendions, le savoir-faire Be Quiet! à l’œuvre a priori

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Alors, s’il peine à passer notre test d’une heure d’OCCT à 7.5 Volts, il le passe toutefois de la plus petite des manières ou presque (74° maximum au bout de soixante minutes de notre benchmark fétiche), la barre se redresse sensiblement dès 9 Volts pour procurer finalement des résultats assez satisfaisants, sans plus avant d’atteindre de chiffres bien meilleurs à 12 Volts.

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Alors, à titre de comparaison (dans la limite de ce qui comparable bien sûr), nous avons monté le SRS sur notre Core i5-3550S et sa carte-mère mini ITX de test et avons obtenu des résultats, du point de vue relatif, bien meilleurs, même si dans l’absolu, il ne nous a pas échappé qu’une comparaison de chaleur produite entre une CPU à 65 Watts de TDP et un second de 125 Watts n’offre que peu d’intérêt …

Il nous importait bien sûr d’éliminer les deux facteurs limitant que nous mentionnions plus haut, à savoir le placement perpendiculaire et la proximité de la cracheuse de FPS.

Et il en ressort des résultats tout à fait convaincants cette fois, cependant un cran en dessous de l’un de ses concurrents, le Thermalright True Spirit 140 Power, le facteur « diamètre plus important des cadoducs » à l’œuvre (8 mm), visiblement.

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En ce qui concerne les relevés sonores, BeQuiet! se montre à la hauteur de la réputation qu’il s’est bâtie avec le temps, même s’il faut bien garder à l’esprit qu’un ventirad présenté comme capable de dissiper jusqu’à 160 Watts de TDP n’agira pas forcément dans un silence cristallin.

Mais comme vous le voyez, le SRS tire son épingle du jeu et s’avère au final plus silencieux que bon nombre de concurrents.

be_quietLe test du Shadow Rock Slim aura en définitive permis de montrer que le fabricant livre un produit dont la finition à la fois générale et dans le détail est à la hauteur de sa réputation et de la réputation de la Deutsche Qualität (prononcez Doeiltcheu Kalitat). Articulé autour d’un système de montage plutôt simple, encore que cela dépende finalement du fondeur qui aura recueilli vos suffrages, des performances tout à fait acceptables en général et un niveau de nuisances sonores satisfaisant.

Bien sûr, on pourra regretter le sens de montage perpendiculaire au flux d’air interne, dans le cas d’un processeur AMD, rien de bien rédhibitoire toutefois, mais qui laisse un petit goût non pas d’inachevé mais d’incomplet. D’autant que d’autres constructeurs se sont affranchis de cette limitation (Noctua dans notre actualité de test récente par exemple).

Ceci étant, le Shadow Rock Pro, ou SRS, ne démérite pas et reste un candidat de poids dans cette catégorie de prix parmi les plus concurrentielles et ne devrait pas vous décevoir si vous vous en portez acquéreur.

Au terme de ce test donc, le SRS aura récolté les labels Silence et Recommandé par.

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Les + alt

fleche Pari de l’encombrement limité remporté,
fleche Qualité de finition de l’ensemble,
fleche Silencieux,
fleche Montage facile,

 fleche Mais montage perpendiculaire (AMD).
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