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Ventirad Noctua NH-D15 : Test et Avis

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Succéder  à un ventirad (le NH-D14, accessoirement le fer-de-lance de la gamme Noctua) distingué plus de 350 fois de par le monde depuis sa sortie ne doit très certainement pas être une mince affaire. Mais c’est pourtant la mission qui a été confiée au NH-D15 par Noctua et dont il devra s’acquitter vaille que vaille.

Rendez-vous compte, en admettant que le NH-D14 ait eu une durée de vie commerciale d’un an, cela équivaudrait à recevoir un nouveau laurier chaque jour sur une année, dimanches et jours fériés inclus ! Peu peuvent se vanter d’un tel palmarès et comme nous le disions plus haut, il y a des filiations moins lourdes à porter.

Mais peu nous en chaut chez 59Hardware.net, quelque que fût son ascendance, si brillante fût-elle, le NH-D15 ne recevra aucun traitement de faveur de notre part et sera testé exactement de la même manière que les autres, à savoir, que nous avions à cœur d’éprouver la facilité avec laquelle il s’installe (ou pas) sur une carte-mère et aussi si bien sûr les performances n’ont pas sauté une génération, comme cela s'est déjà produit par le passé.

Et c’est ce que nous vous proposons de découvrir pas plus loin que la page suivante.

Plateforme de test :

– Processeur : Processeur AMD Phenom II x 4 965 3.4 GHz
– Carte mère : Carte-mère MSI 890GXM-G65 micro ATX
– Carte graphique : MSI HD 7790
– Mémoire : 1 x 8 Go Kingston HyperX Blu DDR3 1333 MHz
– SSD : Intel 510 Series 120 Go
– Alimentation : BeQuiet! Straight Power 680 Watts
– Boîtier : Fractal Design Define XL R2

Logiciels utilisés

– Système d’exploitation : Windows 7 64 Bits
– OCCT 4.4.0

Les tests seront pratiqués la plate-forme montée dans un boîtier, aujourd'hui le Fractal Design Define XL R2.

Les relevés seront effectués deux fois pour éviter un disfonctionnement éventuel, une moyenne sera effectuée entre les quatre cœurs de notre processeur.

Le protocole du test de refroidissement :

Nous allons utiliser le logiciel OCCT et laisser reposer la configuration pendant 30 min pour relever la température au repos, la valeur la plus élevée sera retenue et nous ferons une moyenne des quatre cœurs en une donnée.

Nous lancerons un test d'une heure puis observerons un temps de repos de 30 min entre chaque test. Nous réaliserons nos tests à différentes tensions afin de voir l'impact réel sur la température, pour cela nous avons retenu les tensions suivantes de 7.5, 9 et 12 Volts. Si toutefois, pendant un test la température du processeur se trouve au-dessus de 75°C, nous considérerons le test comme un échec car nous avons réglé de bios de telle manière que le pc redémarre lorsque cette température est atteinte.

Nous avons utilisé de la pâte thermique Arctic Cooling MX4 au lieu de celle fournie par Noctua.

Mesures sonores

Le sonomètre sera situé à 15 cm du ventirad pour que le souffle ne perturbe pas les mesures. Un second relevé sera effectué à 1 mètre. Les deux prises s’effectuent panneau gauche enlevé, car le rôle du boîtier au niveau de l’affaiblissement acoustique est énorme, difficile donc de généraliser.

Il est évident que tester dans un boîtier performant, les résultats seront nécessairement meilleurs et en tout état de cause, très différents de ceux qui sont obtenus avec un boîtier milieu de gamme.

Nous allons tester la tension de démarrage du ventilateur et relever son niveau sonore à 7.5, 9 et 12 volts.

 Le test du montage

Nous démarrons par l'examen des notices, application de la pâte thermique, identification des différents éléments correspondant à notre processeur et carte mère. Nous accordons une importance à l'accessibilité de la mémoire et du connecteur 4 broches pour le processeur. Pour un non-initié, la tâche peut se présenter comme étant très ardue, celle-ci incluant bien souvent le démontage du support existant donc de la carte mère.

Glossaire

Caloducs : Un caloduc se présente sous la forme d’une enceinte hermétique qui renferme un fluide en équilibre avec sa phase gazeuse et sa phase liquide, en absence de tout autre gaz. A un bout du caloduc, celui près de l'élément à refroidir, le liquide chauffe et se vaporise en emmagasinant de l'énergie provenant de la chaleur émise par cet élément.

Ce gaz se diffuse alors dans le caloduc jusqu'au niveau d'un dissipateur thermique (ou d'un autre système de refroidissement) où il sera refroidi, jusqu'à ce qu'il se condense pour redevenir à nouveau un liquide, et céder de l'énergie à l'air ambiant sous forme de chaleur… Source Wikipédia.
 

PWM : Pulse Width Modulation, c'est un concept de commande de ventilateur par un espacement de la durée d'alimentation. Reconnaissable à son connecteur 4 broches au lieu de 3, il se veut plus souple et plus rapide que le réglage par variation de tensions.
 

CFM : Cubic Feet Minute, en le multipliant par 1.7, vous connaîtrez la capacité de déplacement d’air en m3/heure d'un ventilateur.
 

HDT : Certains ventirads sont équipés de cette technologie, la surface utile en matière de refroidissement n'est constituée quasiment que par la jonction caloduc/processeur. L'aluminium présent sur la base jouant plus un rôle de support des caloducs et de montage.

De plus, dans la plupart des cas, il n’est pas en contact avec la pièce à refroidir et en est éloigné de quelques dixièmes de millimètre.
 

Pression statique : C’est une des composantes de l’évaluation d’un flux avec le débit (CFM). Il s’agit, pour simplifier, de la force de l’air. Elle est indispensable en refroidissement processeur dans la mesure où le débit doit rester important en sortie de radiateur pour évacuer les calories prélevées.

Pour avoir une pression statique importante, plusieurs éléments entrent en ligne de compte, la géométrie des pales, (surface et courbures notamment), et la vitesse de rotation. Pour les courbures des pales, les ventilateurs « épais » sont nettement plus adaptés. A vitesse équivalente, un 120×32 sera forcément plus à l’aise qu’un 120×25 ou même un 140×25.

Donc 2 ventilateurs peuvent posséder des caractéristiques en termes de débit identiques mais des pressions statiques très différentes. Une forte pression statique est nécessaire partout où la circulation d’air est difficile : petits orifices de ventilation, obstacles … Le radiateur d’un ventirad est assimilable à un obstacle.

Dans le cadre d’une ventilation boîtier et si ce dernier n'est pas trop encombré, la notion de pression statique est un peu moins importante, le débit et la discrétion sont à mettre en avant. Par contre, pour information, un boîtier vide réduit le débit d’environ 15%, un boîtier bien rempli de près de 60%, quand on vous dit de bien ranger vos câbles !

Pâte thermique :Le but principal d'une pâte thermique est d'assurer un contact optimal et d'éviter la présence d'air entre les surfaces d'un composant et de son système de refroidissement (souvent un dissipateur thermique). Ces surfaces possédant de nombreuses micro porosités (trous, bosses), de l'air est présent entre le composant et le dissipateur. L'air étant un mauvais conducteur thermique, le transfert thermique s'effectue ainsi moins bien.


L'application de pâte thermique permet de remplir ces imperfections par une substance dont la conductivité thermique est beaucoup plus élevée que celle de l'air. La surface de contact entre le composant et le dissipateur est ainsi plus importante et donc le transfert thermique va s'effectuer plus efficacement.

La pâte thermique sert également parfois à maintenir le dissipateur sur le composant, certaines pâtes étant très collantes. C'est par exemple le cas de certains dissipateurs destinés à refroidir les circuits intégrés mémoires des cartes graphiques, où seule la pâte thermique (qui prend parfois la forme d'un morceau de Scotch double-face) les fait tenir en place.

Le paramètre le plus important d'une pâte thermique est sa conductivité thermique, exprimée en watt par mètre-kelvin (c'est-à-dire en W/(m×K), à ne pas confondre avec W/mK : watt par millikelvin). Une pâte thermique à base de silicone a une conductivité thermique comprise entre 0,7 et 0,9 W/(m×K), tandis que celle d'une pâte à base d'argent est comprise entre 2 et 3 W/(m×K), voire plus. À titre de comparaison, à une température de 20°C, la conductivité thermique du cuivre est de 401 W/(m×K), celle de l'argent de 429 W/(m×K), et celle de l'air de 0,0262 W/(m×K, à une pression d'un bar).


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Le NH-D15 est un ventirad pour le moins imposant, basé sur un design en « U », c’est-à-dire que son radiateur se compose de deux parties verticales indépendantes l’une de l’autre, sur lesquelles sont fixés deux ventilateurs également produits par Noctua, les NF-A15, ventilateurs PWM surdimensionnés  de 15 cm, pourtant dotés d’un système de fixation identique à celui d’un modèle de 12 cm.

Son radiateur, à lui seul, pèse 1 kg tout pile, mesure 160 mm en hauteur sur 150 mm en largeur et 135 mm en profondeur. Avec les deux ventilateurs, ces données passent à 165 mm en hauteur, 150 mm en largeur et 161 mm en profondeur. Le poids total du NH-D15 passe du coup à 1.32 kg.

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Il se compose principalement d’aluminium (les ailettes du radiateur) et possèdent deux renfoncements dans la partie basse de chaque tour, dont l’une au moins permettra l’insertion de barrettes mémoire à dissipateurs de chaleur relativement plus haut que la moyenne.

Il est parcouru par deux fois six caloducs de 6 mm de diamètre, constitués de cuivre mais recouverts de nickel, de même que la zone de contact (indirect) avec le CPU, à finition miroir, zone de contact sur la surface de laquelle on voit à l’œil nu les abrasions et, plus gênant vu le tarif pratiqué, de micro-aspérités.

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Comme nous le faisions remarquer plus haut,  le NH-D15 est vendu avec deux ventilateurs NF-A15, dont la vitesse de rotation est comprise entre 300 et 1500 RPM, débitant 140.2 mm3 par heure tout au plus, avec des nuisances sonores de 24.6 dB(A) au maximum, selon Noctua.

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Fidèle à son orientation haut-de-gamme, le NH-D15 est livré avec dans son bundle, deux adaptateurs LNA pour faire baisser la vitesse de rotation des ventilateurs, un câble en Y pour les alimenter tous les deux sur la même prise et un peu de pâte thermique.

Dans les faits, on trouve le NH-D15 entre 90 et 100 euros hors frais de port. A noter que le larron est garanti 6 ans par son fabricant.


Le montage du NH-D15 est, contrairement à ce que l’on pourrait croire en considérant la taille du spécimen, est étonnamment facile, encore plus que ce que nous avons testé jusque lors.

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Comme souvent, on commencera par dépouiller la carte-mère de la plaque de rétention du socket, mais celle-ci n’en devient pas inutile pour autant. En effet, une fois séparée de sa partie supérieure, elle servira de base au système de fixation à la carte-mère du NH-D15.

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Une fois placée en-dessous de la carte-mère, on la surmontera des quatre embouts de plastique blancs, censés entre autres limiter le facteur d’écrasement,

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Avant de venir positionner les supports de l’armature de soutien du radiateur puis de les fixer définitivement au moyen de quatre vis fournies.

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On prendra soin de détacher le ventilateur du milieu afin de pouvoir fixer le radiateur à l’armateur de soutien par des vis intégrées à son socle,

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Puis de remettre ce dernier avant de placer au choix, le second ventilateur ou non, grâce aux attaches métalliques fournies, à l’image de celles du LEPA LV-12, plus convaincantes que la moyenne.

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Il est enfin à noter que la hauteur totale avec ventilateurs passe alors à 165 mm, la largeur à 150 mm et enfin la profondeur ne variant pas à 135 mm.

Enfin, on ajoutera que le renfoncement sur le radiateur, qui s’étend sur tout de même trois des  quatre emplacements mémoire de notre CM de test, mesure 18 mm dans sa partie la plus haute 18 mm en hauteur (les ailettes) et 15 dans sa partie la plus basse.

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Pas de problème toutefois pour placer une carte graphique.

Les relevés de température, effectués à 7.5, 9 et 12 Volts, mettent en lumière ce dont on se doutait déjà, sans toutefois pour autant pouvoir le jurer, le NH-D15 est un excellent dissipateur.

Tous les relevés en témoignent, notre Phenom II x4 965 (125 Watts de TDP tout de même) est refroidi magistralement bien, à hauteur de ce que l’on attend du ventirad (très) haut-de-gamme d’un spécialiste mondialement reconnu, Noctua.

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Seulement, les relevés auront mis à jour une autre chose, dont on ne se doutait pas vraiment, le gain en performances occasionné par l’ajout du second ventilateur n’est pas aussi élevé qu’escompté. Attention, on n’est pas en train de dire que c’est mauvais, seulement qu’on attendait (à tort ou à raison) à mieux de la part du NH-D15 et également que les différences constatées sont parfois vraiment minimes, de l’ordre de la marge de tolérance à l’erreur, quand elles ne sont pas tout simplement inexistantes.

Tout l’intérêt de l’ajout du second ventilateur est par contre tout indiqué dès que le processeur est overclocké, et les résultats ne souffrent pas vraiment de comparaison, dans ce cas uniquement, on le répète.

On déplorera toutefois l’absence d’une plaque horizontale qui réunirait les deux tours du radiateur entre elles (comme sur un Dark Rock Pro de BeQuiet! par exemple) qui permettrait au flux d’air de moins s’éparpiller. Plaque qu’on ferait aussi bien d’ôter dans un usage fanless, mais le problème ne se pose pas aujourd’hui, d’autant que refroidir de manière passive un CPU à 125 Watts de TDP relève a priori de l’impossible …

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S’il est bien un aspect de ce test sur lequel on attend de pied ferme Noctua, qui a en partie construit sa réputation grâce au silence de ses ventilateurs, ce sera certainement la partie sonore et les relevés sonores compilant les différentes mesures prises afin d’illustrer notre propos. On rappelle au passage que les relevés ont été effectués boîtier ouvert.

Alors oui, le NH-D15 est un ventirad silencieux, même au maximum de son potentiel de refroidissement, à 12 Volts, il sait se montrer relativement discret, toutes proportions gardées.

Noctua se montre à la hauteur de la réputation qu’il s’est lui-même forgé depuis des années et en résumé, le NH-D15, ventirad de luxe au prix pas loin d’être exorbitant, est au final là où on l’attend.

Qnoctuaue dire maintenant que l‘heure de conclure est venue ? Nous pouvons tout d’abord commencer par rappeler que la qualité générale et la finition d’un tel ventirad est à la hauteur des 90/100 euros dont on doit s’acquitter avant d’entrer en sa possession (sauf peut-être la finition « miroir » de la zone de contact pas si « miroir » que ça dans notre cas, difficile de généraliser dans ce cas précis).

Puis on pourra ajouter que le NH-D15 (au moins dans le cas d’un processeur AMD AMx) est étonnamment facile à monter malgré sa taille pour le moins imposante avant d’enfin évoquer les performances en refroidissement extrêmement bonnes.

Toutefois, on reste (un peu) sur notre faim en ce qui concerne la différence de performances entre le mode « un ventilateur » et le mode « deux ventilateurs », mais cela relève du point de détail et n’empêchera certainement pas le NH-D15 de récolter un maximum de gratifications par l'ensemble de la profession, à part peut-être l’éco, qui récompense les produits offrant un très bon rapport qualité-prix tout en restant très abordable financièrement ;).

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  • A peu près tout,

  • Prix qui va faire grincer des dents,
  • Finition de la zone de contact quand même un chouïa inférieure à ce que l’on attend d’un ventirad à ce prix

  • Droit de réponse Noctua à propos de la finition de la zone de contact : http://www.noctua.at/main.php?show=faqs&step=2&products_id=68

    Dont acte.

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