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Ventirad Thermalright HR-22 : Test et Avis

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Pas seulement dans le monde informatique et à l’image des cartes graphiques pour lesquelles cela s’applique tout particulièrement, toute marque possède dans son catalogue au moins un produit que l’on peut qualifier de haut-de-gamme, certaines peuvent même se vanter de proposer du très haut-de-gamme, tel Noctua et son NH-D15, que nous avons couvert d’éloges assez récemment.

C’est également le cas du fabricant Thermalright qui n’a pas négligé les plus opulents d’entre nous avec son HR-22, véritable titan d’aluminium, même dans sa catégorie, dont le poids dépasse le kilo (seul, c’est-à-dire sans ventilateur).

Un produit pour le moins imposant et qui aura, non pas bénéficié d’un traitement de faveur, mais d’un traitement un peu spécial, dans la mesure où ce dernier est vendu sans ventilateur et qui, de ce fait, ne produit aucune nuisance sonore.

Toutefois, le HR-22 aura été soumis à l’identique au benchmarking façon 60 minutes d’OCCT, pour lequel nous avons relevé les températures en charge et au repos et compilé le tout en tableaux afin d’exemplifier notre propos, dans le but avoué de déterminer les prouesses d’un ventirad d’au bas mot 75 euros.

Début de réponse dès la page suivante.

Plateforme de test 1 :
– Processeur : Intel Core i3-2125
– Carte mère : Asrock B75M-ITX
– Carte graphique : MSI HD 7790
– Mémoire : 1 x 8 Go Kingston HyperX Blu DDR3 1333 MHz
– SSD : Intel 510 Series 120 GB
– Alimentation : BeQuiet! Straight Power 680 Watts
– Boîtier : Deep Silence 3 de Nanoxia

Plateforme de test 2 :
– Processeur : Processeur AMD Phenom II x4 965 3.4 GHz
– Carte mère : Carte-mère MSI 890GXM-G65 micro ATX
– Carte graphique : MSI HD 7790
– Mémoire : 1 x 8 Go Kingston HyperX Blu DDR3 1333 MHz
– SSD : Intel 510 Series 120 Go
– Alimentation : BeQuiet! Straight Power 680 Watts
– Boîtier : Deep Silence 3 Nanoxia

Logiciels utilisés

– Système d’exploitation : Windows 7 64 Bits
– OCCT 4.4.0

Les tests seront pratiqués la plate-forme montée dans un boîtier, aujourd'hui le Deep Silence 3 de Nanoxia.

Les relevés seront effectués deux fois pour éviter un disfonctionnement éventuel, une moyenne sera effectuée entre les quatre cœurs de notre processeur.

Le protocole du test de refroidissement :

Nous allons utiliser le logiciel OCCT et laisser reposer la configuration pendant 30 min pour relever la température au repos, la valeur la plus élevée sera retenue et nous ferons une moyenne des quatre cœurs en une donnée.

Nous lancerons un test d'une heure puis observerons un temps de repos de 30 min entre chaque test. Nous réaliserons nos tests à différentes tensions afin de voir l'impact réel sur la température, pour cela nous avons retenu les tensions suivantes de 4.5, 7.5 et 12 Volts. Si toutefois, pendant un test la température du processeur se trouve au-dessus de 75°C, nous considérerons le test comme un échec car nous avons réglé de bios de telle manière que le pc redémarre lorsque cette température est atteinte.

Nous avons utilisé de la pâte thermique Arctic Cooling MX4 au lieu de celle fournie par Thermalright.

Mesures sonores

Le sonomètre sera situé à 15 cm du ventirad pour que le souffle ne perturbe pas les mesures. Un second relevé sera effectué à 1 mètre. Les deux prises s’effectuent panneau gauche enlevé, car le rôle du boîtier au niveau de l’affaiblissement acoustique est énorme, difficile donc de généraliser.

Il est évident que tester dans un boîtier performant, les résultats seront nécessairement meilleurs et en tout état de cause, très différents de ceux qui sont obtenus avec un boîtier milieu de gamme.

Nous allons tester la tension de démarrage du ventilateur et relever son niveau sonore à 4.5, 7.5 et 12 volts.

Ce que nous faisons d’ordinaire mais pas aujourd’hui.

 Le test du montage

Nous démarrons par l'examen des notices, application de la pâte thermique, identification des différents éléments correspondant à notre processeur et carte mère. Nous accordons une importance à l'accessibilité de la mémoire et du connecteur 4 broches pour le processeur. Pour un non-initié, la tâche peut se présenter comme étant très ardue, celle-ci incluant bien souvent le démontage du support existant donc de la carte mère.

Glossaire

(Etabli par notre ancien collègue Nicolas)

Caloducs : Un caloduc se présente sous la forme d’une enceinte hermétique qui renferme un fluide en équilibre avec sa phase gazeuse et sa phase liquide, en absence de tout autre gaz. A un bout du caloduc, celui près de l'élément à refroidir, le liquide chauffe et se vaporise en emmagasinant de l'énergie provenant de la chaleur émise par cet élément.

Ce gaz se diffuse alors dans le caloduc jusqu'au niveau d'un dissipateur thermique (ou d'un autre système de refroidissement) où il sera refroidi, jusqu'à ce qu'il se condense pour redevenir à nouveau un liquide, et céder de l'énergie à l'air ambiant sous forme de chaleur… Source Wikipédia.
 

PWM : Pulse Width Modulation, c'est un concept de commande de ventilateur par un espacement de la durée d'alimentation. Reconnaissable à son connecteur 4 broches au lieu de 3, il se veut plus souple et plus rapide que le réglage par variation de tensions.
 

CFM : Cubic Feet Minute, en le multipliant par 1.7, vous connaîtrez la capacité de déplacement d’air en m3/heure d'un ventilateur.
 

HDT : Certains ventirads sont équipés de cette technologie, la surface utile en matière de refroidissement n'est constituée quasiment que par la jonction caloduc/processeur. L'aluminium présent sur la base jouant plus un rôle de support des caloducs et de montage.

De plus, dans la plupart des cas, il n’est pas en contact avec la pièce à refroidir et en est éloigné de quelques dixièmes de millimètre.
 

Pression statique : C’est une des composantes de l’évaluation d’un flux avec le débit (CFM). Il s’agit, pour simplifier, de la force de l’air. Elle est indispensable en refroidissement processeur dans la mesure où le débit doit rester important en sortie de radiateur pour évacuer les calories prélevées.

Pour avoir une pression statique importante, plusieurs éléments entrent en ligne de compte, la géométrie des pales, (surface et courbures notamment), et la vitesse de rotation. Pour les courbures des pales, les ventilateurs « épais » sont nettement plus adaptés. A vitesse équivalente, un 120×32 sera forcément plus à l’aise qu’un 120×25 ou même un 140×25.

Donc 2 ventilateurs peuvent posséder des caractéristiques en termes de débit identiques mais des pressions statiques très différentes. Une forte pression statique est nécessaire partout où la circulation d’air est difficile : petits orifices de ventilation, obstacles … Le radiateur d’un ventirad est assimilable à un obstacle.

Dans le cadre d’une ventilation boîtier et si ce dernier n'est pas trop encombré, la notion de pression statique est un peu moins importante, le débit et la discrétion sont à mettre en avant. Par contre, pour information, un boîtier vide réduit le débit d’environ 15%, un boîtier bien rempli de près de 60%, quand on vous dit de bien ranger vos câbles !

Pâte thermique :Le but principal d'une pâte thermique est d'assurer un contact optimal et d'éviter la présence d'air entre les surfaces d'un composant et de son système de refroidissement (souvent un dissipateur thermique). Ces surfaces possédant de nombreuses micro porosités (trous, bosses), de l'air est présent entre le composant et le dissipateur. L'air étant un mauvais conducteur thermique, le transfert thermique s'effectue ainsi moins bien.


L'application de pâte thermique permet de remplir ces imperfections par une substance dont la conductivité thermique est beaucoup plus élevée que celle de l'air. La surface de contact entre le composant et le dissipateur est ainsi plus importante et donc le transfert thermique va s'effectuer plus efficacement.

La pâte thermique sert également parfois à maintenir le dissipateur sur le composant, certaines pâtes étant très collantes. C'est par exemple le cas de certains dissipateurs destinés à refroidir les circuits intégrés mémoires des cartes graphiques, où seule la pâte thermique (qui prend parfois la forme d'un morceau de Scotch double-face) les fait tenir en place.

Le paramètre le plus important d'une pâte thermique est sa conductivité thermique, exprimée en watt par mètre-kelvin (c'est-à-dire en W/(m×K), à ne pas confondre avec W/mK : watt par millikelvin). Une pâte thermique à base de silicone a une conductivité thermique comprise entre 0,7 et 0,9 W/(m×K), tandis que celle d'une pâte à base d'argent est comprise entre 2 et 3 W/(m×K), voire plus. À titre de comparaison, à une température de 20°C, la conductivité thermique du cuivre est de 401 W/(m×K), celle de l'argent de 429 W/(m×K), et celle de l'air de 0,0262 W/(m×K, à une pression d'un bar).

Il ne vous aura sûrement pas échappé que nous avons affaire aujourd’hui à un colosse. Le HR-22 de Thermalright mesure en effet 150 mm de long sur 120 mm de profondeur et 159 mm en hauteur et pèse pas moins de 1120 grammes à lui seul. Thermalright était d’ailleurs à ce sujet si sûr de son fait que ce dernier est vendu sans ventilateur, bien qu’il soit toutefois possible d’en ajouter jusqu’à deux en même temps : 12 et 14 cm, attaches métalliques fournies.

Remarquez, avec un tel volume dédié à la dissipation de chaleur, on aurait tendance à leur laisser le bénéfice du doute …

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Le radiateur, donc, se compose de 35 ailettes d’aluminium superposées (dixit la fiche technique, vérifié dans les faits), traversées par pas moins de huit caloducs de 6 mm de diamètre, constitués de cuivre puis recouvert de nickel par la suite.

De même pour la zone de contact CPU indirecte où ils se rejoignent, zone de contact également composée de cuivre nickelé.

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Vous aurez aussi très certainement remarqué le design presque entièrement asymétrique du HR-22 qui, lorsqu’il vous fait face, dévoile ses caloducs asymétriques, qui participent à la délocalisation de la majorité du radiateur vers l’intérieur de la carte-mère, laissant ainsi le champ libre pour y monter ventilateur et barrettes mémoire sans encombre.

On soulignera également les efforts qui ont porté sur la forme générale du radiateur qui comporte une sorte d’ « échancrure » sur l’arrière afin de permettre de brancher plus facilement certains câbles, encore que cela dépende en grande partie aussi du design de la dite carte-mère.

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A noter pour finir que le HR-22 est vendu avec une sorte manchon servant (orange …) à le relier au ventilateur en extraction sur votre tour afin de faire gagner le ventirad en refroidissement ce que vous allez faire perdre à l’ensemble de votre configuration (sans ventilateur supérieure supplémentaire s’entend).

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Enfin, c’est ce que l’on suppose car l’espace laissé entre le radiateur et le ventilateur arrière du Deep Silence 3 (quelques petits mm) ne nous a pas laissé la latitude suffisante pour vérifier (voir photo ci-dessus pour se donner une idée de l'ambiance).

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Toujours est-il que le HR-22 est réellement impressionnant, personne ne pourra le lui enlever, il au moins le voir sinon le prendre en main pour (bien) s’en rendre compte.

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Prix : En général, on ne trouve pas le HR-22 à moins de 75 euros hors FDP éventuels.

Evidemment, qui dit ventirad d’exception dit fixation adéquate. Pour ce faire, Thermalright n’a pas eu d’autre choix que de recourir à une plaque de rétention, rappelons que le HR-22 pèse pas moins de 1120 grammes seul.

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La boîte du HR-22 en contient plus précisément deux à dire vrai : l’une pour AMD, l’autre pour Intel, la première identique à la partie inférieure de la plaque standard (comme celle qui est utilisée lors du montage par les Noctua par exemple) et l’autre à garnir d’une pellicule protectrice (pour limiter la pression exercée sur le PCB de la CM) ainsi que de quatre rondelles de plastique blanc avant qu’elles n’officient toutes deux en dessous de la carte-mère.

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Ensuite, bien que les emplacements diffèrent, le système de fixation est similaire pour les deux marques de CPU : quatre vis à main à placer pour fixer la plaque de rétention à la CM, sur lesquelles reposera également le support du radiateur, support conçu pour CPU Intel et AMD et l’affaire est dans le sac.

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Après avoir positionné le radiateur dans le sens qu’il vous convient, car dans notre cas, sur une CM mini ITX telle que l’Asrock M-ITX B75, il a été possible de placer le HR-22 de manière à ce qu’il ne gêne pas le montage d’une carte graphique PCI-Express, pas plus que les emplacements mémoire, les barrettes conventionnelles entrant sans problème, même après montage du radiateur sur la CM (littéralement, cela passe au millimètre près). Un très bon point de notre point de vue.

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Dernière étape, il convient maintenant de fixer la barre de maintien, en deux temps, serrer grâce à la clé fournie l’écrou central de la barre de maintien  puis utiliser le tournevis fourni pour fixer définitivement le radiateur sur son socle par le biais de deux vis montées sur ressort (d’où toute l’utilité de l’orifice en forme d’hexagone au beau milieu du radiateur).

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Rappelons en dernier lieu que le HR-22 mesure 159 mm de hauteur, ce qui lui permet tout de même de prendre place dans bon nombre de tours au format ATX actuelles.

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Comme le HR-22 est vendu sans ventilateur, essayer de relever les nuisances sonores qu’il produit aurait été insensé, car produisant très exactement 0 dB(A). Par contre, puisque fanless (ou tout du moins vendu pour tel, à 100 euros, par Thermalright), il paraît intéressant de tenter de déterminer ses possibilités en ce sens.

Nous avons donc commencé la phase de test par le test OCCT d’une heure, à 12 Volts, avec le Phenom II x4 965 que nous utilisons habituellement mais, sans vraiment de surprise, le test a échoué au bout de 27minuteset 6 secondes (comprendre que la température du CPU a atteint 75°, limite fatidique).

La même chose s’est produite à 9 Volts au bout de 16 minutes et 27 secondes et ce, bien que le ventilateur arrière du Deep Silence 3 soit très proche (quelquesmillimètres).

Sans conteste, la preuve qu’il est impossible de refroidir passivement, avec les moyens actuels, un processeur aussi TDP aussi élevé que celui du Phenom II, pour mémoire 125 Watts.

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Toutefois, une fois muni d’un ventilateur de 14 cm TY-140, un transfuge du True Spirit 140 Power, testé il y a quelque temps, également de Thermalright, la chanson est tout autre, comme vous pouvez le voir sur les relevés suivants :

Ne disposant pas d’un CPU au TDP de 95 Watts, ce qui aurait pu être très révélateur des performances du HR-22, nous nous sommes en conséquence rabattus sur un Core i3-2125 au TDP de 65 Watts.

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Et à cet exercice, le HR-22 s’est montré bien meilleur qu’à l’exercice précédent, à ceci près cette fois, les benchmarks furent lancés sans ventilateur autre que ceux du boîtier, réglés en conséquence à 7.5, 9 et 12 Volts. La preuve par relevés :

Les promesses en refroidissement augurées par l’immense volume disponible pour la dissipation sont plus ou moins tenues, bien qu’un peu en dessous de nos espérances les plus folles : elles sont comparables à celles d'un NH-U12S par exemple, sans pour autant les dépasser. Pas mauvais en soi, loin de là d’ailleurs, mais quelque part un peu décevant par rapport au volume total de dissipation.


thermalrightLe présent test du HR-22 de Thermalright nous aura en premier lieu permis d’établir définitivement qu’un CPU à haut TDP, les 125 Watts du Phenom II x4 965 plus précisément, ne peut être refroidi, dans l’état actuel des choses, de manière passive.

Par contre, refroidir en silence un CPU dont le TDP se monte à 65 Watts, comme notre Core i3-2125, se révèle largement à sa portée, comme nos tests l’ont montré.

Ses performances avec ventilateur ne sont pas non plus en reste, côtoyant celles des meilleurs du genre, son seul défaut étant en fait son prix.

Non pas que nous serions en train de dire que les niveaux de fabrication et de finition ne sont pas satisfaisants, au contraire d’ailleurs, c’est seulement que cela n’aurait pas de sens d’utiliser un tel ventirad pour refroidir autre chose qu’un CPU haut-de-gamme, voire très haut-de-gamme, et/ou fortement overclocké.

A la rigueur, pour un Pentium G3258 et son potentiel d’OC plus qu’intéressant, encore que l’idée de dépenser plus pour un ventirad que pour le CPU paraisse assez peu cohérente, la différence serait plus judicieusement dépensée dans un CPU ou un GPU plus puissant, voire de la mémoire supplémentaire.

Ceci étant, le HR-22 reste un excellent ventirad, qui peut parfaitement fonctionner en fanless, dans les limites du raisonnable (CPU à 125 Watts de TDP à proscrire en conséquence) et se voit lauréat des labels Recommandé par et silence.

thermalrightthermalright

Les + alt

fleche Efficace,
fleche Bundle complet,
fleche Montage plutôt simple,

 fleche Prix qui s'entend sans ventilateur.
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